Entrepôts du commerce en ligne : un collectif réclame un moratoire

Paris - Un collectif de commerçants, d'élus et d'associations a demandé lundi au gouvernement d'adopter un moratoire de deux ans sur "les projets d'entrepôts et méga-centres de tri" du commerce en ligne, qui mettraient selon eux en grave danger le petit commerce.

 

"Concurrence déloyale"

Une proposition de loi en ce sens, rédigée par 28 députés de différents bords politiques et ayant pour objectif de "protéger le commerce de proximité d'une concurrence déloyale", a été déposée le 2 juin.

Elle vise de tout évidence le géant américain Amazon et son homologue chinois Alibaba, dont 8 à 11 projets vont aboutir d'ici à début 2021 en France, selon une tribune publiée lundi dans le quotidien Libération et cosignée par la Confédération des commerçants de France (CDF), qui représentent 600.000 points de vente, et les Amis de la Terre.

"Quatre ont déjà été autorisés par l'État et l'autorisation de plusieurs d'entre eux aura potentiellement lieu dans les prochains mois, voire les prochaines semaines", ajoutent les auteurs de cette tribune, pointant du doigt "6.500 emplois détruits" depuis la première implantation d'Amazon en 2007 selon ses signataires.

De plus, "ces entrepôts échappent à toute demande d'autorisation d'urbanisme spécifique et de taxe sur les surfaces de plus de 400 mètres carrés (TaSCom), sans parler de la fraude à la TVA démontrée publiquement, ce qui engendre une concurrence déloyale", affirment les rédacteurs de cette tribune. Sans parler, concluent-ils, du "danger écologique, avec l'importation de 960 millions de produits supplémentaires, pour la plupart de Chine, conduisant à l'explosion du trafic routier et l'augmentation de 30 pour cent du fret aérien pour la livraison en 24h".

A ces problématiques anciennes s'est ajoutée cette année la situation sanitaire: le commerce en ligne a fortement crû du fait du confinement. Avec pour conséquence, une crise économique et sociale qui entraîne, soulignent les Amis de la Terre dans un communiqué, "la faillite massive de commerces, incapables de soutenir l'expansion ultra-agressive du e-commerce". Sollicité par l'AFP, Amazon a rappelé être "à l'origine de 30.000 emplois directs et indirects depuis vingt ans" et avoir pris "un engagement très fort pour atteindre l'objectif de l'Accord de Paris dix ans plus tôt, en 2040". Également contacté, Alibaba n'avait pas encore réagi en fin d'après-midi. (AFP)

 

Crédit : Alibaba

 

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