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Précarité économique et pénurie de savoir-faire : les jeunes créateurs français en PLS

À la veille de la Fashion Week de Paris, plusieurs jeunes créateurs français — parmi lesquels Mossi, Jeanne Friot, Pierre-François Valette, Phileo Landowski ou Steven Passaro — ont pris la parole à La Caserne pour évoquer les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans leur activité.

Conditions économiques précaires, déséquilibres concurrentiels, formation inadaptée et pénurie de savoir-faire techniques figurent parmi les principaux points soulevés lors de cette rencontre.

Tous ont fait part de leur précarité économique : difficulté à vivre durablement de leur activité, pression constante sur la trésorerie (présentations de collection, production, fonctionnement), nécessité fréquente de rechercher des financements externes. L’aventure entrepreneuriale est décrite comme un « parcours du combattant », une charge mentale avec multiplication des rôles (création, gestion, financement), au point que certaines maisons ferment quelques années après leur lancement.

Le coût élevé des défilés, showrooms et présentations et les dépenses récurrentes liées au calendrier de Paris Fashion Week impactent leur trésorerie. Ce qui les rend dépendants des aides ponctuelles (prix, partenariats privés) et les oblige à réduire leurs marges. Ils ont le sentiment que la mode bénéficie d’un soutien institutionnel limité par rapport à d’autres secteurs culturels.

Paris Fashion Week : les jeunes créateurs français alertent sur la fragilité du modèle économique

Réunion à La Caserne sur proposition de Nicolas Bonnet-Ouladj et Emmanuel Grégoire Credits: Mairie de Paris

Durant PFW, ils ont l’impression de ne pas évoluer sur un pied d’égalité dans l’écosystème. Ils s’estiment désavantagés face à la puissance économique des grandes marques et en concurrence avec des créateurs étrangers, placés au même niveau qu’eux dans le calendrier, et pour lesquels le coût du travail pour produire une collection est nettement inférieur.

Par ailleurs, le tarif élevé des écoles de mode contribue à orienter les formations vers des profils de stylistes, au détriment des métiers techniques pourtant essentiels à la fabrication. De fait, les créateurs constatent un manque de personnes formées à la fabrication, au montage et à l’usage des machines et sont confrontés à la difficulté de recruter des personnes opérationnelles en atelier. La rareté des profils techniques disponibles participe à l’augmentation des coûts de production.

Plusieurs créateurs rappellent leur rôle actif dans la transmission des savoir-faire et l’emploi local, certains formant directement de jeunes talents ou développant des structures de production pour d’autres marques.

Comment assurer l’indépendance de cette nouvelle génération de créateurs ? Si les intervenants reconnaissent la portée de l’action municipale, à la veille des élections, ils rappellent que leurs difficultés renvoient aussi à des enjeux nationaux : formation, fiscalité et modèle industriel de la mode en France.


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