Reprise de Sonia Rykiel : la date limite de dépôt des offres repoussée à la mi -juillet par le tribunal de commerce

Initialement prévue lundi premier juillet, la date des offres de reprises de Sonia Rykiel en redressement judiciaire depuis avril dernier vient d’être reportée au 18 juillet. Le dossier est complexe, le spectre d’une liquidation définitive plane toujours sur la marque emblématique de Saint-Germain-des-Prés. Il s’agit donc, dans ce contexte, « d’accoucher » les repreneurs potentiels pour donner toutes ses chances au dossier. Parmi une dizaine d’offres, seules « deux seraient sérieuses » selon une source proche du dossier. La décision finale du tribunal devrait intervenir le 25 juillet, mais un report est hautement probable.

Ces deux offres en lices sont, d’un part, celle de l’ancien dirigeant de Balmain Emmanuel Diemoz, adossé à un pool d'investisseurs, ainsi que celle d'une famille d'industriels français œuvrant dans le médical et l’immobilier, mais sans activité ni expérience dans la mode, selon l’AFP.

Les candidats à la reprise proposent de conserver une cinquantaine de salariés sur 130. Et de reprendre pour 500 000 euros les actifs, soit la marque et quatre boutiques sur la dizaine en propre que compte le réseau. La boutique historique du boulevard Saint-Germain fait notamment débat. Emblématique, de réputation internationale, quasi « monument historique » pour les Parisiens, elle est difficilement indissociable de la griffe Sonia Rykiel. Mais Saint-Germain a perdu de son influence dans la mode au profit d’autres quartiers. Et le bail du magasin, très élevé plombe la marque. Les discussions portent enfin sur le montant d’investissement nécessaire pour relancer la marque, estimé entre 15 à 20 millions d’euros sur plusieurs années.

Deux candidats « sérieux » pour relancer la marque iconique

Fondée en 1968 par sa créatrice éponyme, décédée en 2016, Sonia Rykiel a enregistré en 2018 un chiffre d’affaires de 35 millions d'euros, dont la moitié en France, pour 30 millions de pertes. Longtemps restée indépendante, situation rare pour une maison de cette envergure, le capital de la griffe avait finalement été repris à 80 pour cent en 2012 par le fonds chinois Fung Brands (devenu depuis First Heritage Brands). Il s’agit de la holding de la famille Fung, de Hong Kong, dirigée par Jean-Marc Loubier. Ce fonds, qui contrôle aussi le chausseur haut de gamme Clergerie et la marque belge de maroquinerie de luxe Delvaux, n’a pas réussi à relancer Sonia Rykiel. Il y a pourtant investi 200 millions d’euros.

Mais, l’enjeu comme cet épisode récent le démontre, n’est pas uniquement financier. La griffe « patrimoniale » avait su construire une histoire intimement liée à la personnalité de sa créatrice, une narration en lien étroit avec Paris, le féminisme, les couleurs et les rayures, la joie de vivre et la liberté. Aux prochains repreneurs de retrouver cet élan vital. Renouer avec les plus jeunes générations, bousculer « l’establishment » mode et séduire l’export, via cette impertinence et cette élégance libre, piquante et spontanée que le monde envie à Paris.

Photo : Sonia Rykiel website

 

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