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La présentation inclusive de KidSuper s’empare de l’humour pour se moquer de la mode

By Florence Julienne

23 janv. 2023

Mode |Opinion

Courtesy of KidSuper. Au centre Colm Dillane

Pour la fashion week masculine janvier 2023, le Casino de Paris a accueilli un show pour le moins original du nouveau chouchou de la mode, KidSuper, alias Colm Dillane. Un spectacle en forme de comédie à l’américaine, présenté par une Tyra Banks déchainée et animé par des comiques américains qui ont pris la mode en dérision, singeant et fustigeant à loisir.

La comédie des Kidsuper Funny Business, organisée pour présenter la collection automne hiver 2023-2024 de la marque KidSuper a littéralement créé une émeute rue de Clichy tant une foule dense se pressait pour rentrer. Et pourtant, pas d’influenceurs ou de top models sur scène. Mais huit spécialistes du stand up américains – par ordre d’apparition, Jeff Ross, Andrew Santino, Yvonne Orji, Theo Von, Matteo Lane, Stavros Halkias, , Andrew Schultz, JBalvin-, et un Français, Fary. C’est dire si Colm Dillane a la cote en ce moment, et encore plus depuis qu’il a cocréé la dernière collection Louis Vuitton pour hommes.

Chacun d’entre eux a défilé avec une tenue différente, Tyra Banks, ex top model, se changeant entre chaque prestation. Des apparitions sur scène courtes, micro à la main, avec une décharge humoristique pleine de codes et pas toujours évidentes à comprendre pour les non-anglophones. Mais la Fashion Week Paris ayant la magie d’attirer de nombreux internationaux, la salle comble riait à en perdre haleine, d’un rire parfois jaune.

Courtesy of KidSuper. De gauche à droite : Theo Von, Fary, Tyra Banks

Kidsuper où l’art se moquer avec humour des travers du monde de la mode

D’une part, parce que les comiques se moquaient royalement de la façon dont Colm Dillane les avait « attifés ». Et il est vrai que sa mode cool, empreinte de dessins couleurs, imprimés, collages, alliant streetwear et longs manteaux, désormais emblématiques, tranche avec la rigueur du vestiaire masculin classique, notamment tel qu’il est réapparu pendant la fashion week. « Mais c’est quoi ces vêtements ? » scande Jeff Ross en interpellant Colm Dillane, tandis que Theo Von se débarrasse, purement et simplement, de trois mini-sacs qui l’embarrassent en les jetant sur les spectateurs du premier rang (l'histoire ne dit pas s'ils ont été récupérés par le créateur).

Tant que le show était dans l’autodérision, ça allait et l’assistance pouvait se concentrer sur les tenues, les bijoux, signés Pauer et les chaussures conçues par Stuart Weitzman. Là où le show a commencé à déraper c’est quand les comiques ont commencé à dire que la mode était un milieu de cocaïnophiles, homosexuels et pédérastes (Alexander Wang en a pris pour son grade). Enfin, le clou a été enfoncé par Andrew Schulz : « Regardez comme il m’a habillé, on dirait un professeur d’écoles qui aime les jeunes garçons. Aux États-Unis, je serais enfermé. En France, j’épouserai ma professeure et je serai élu président de la république ».

La fin du spectacle s’est apparentée à un défilé classique, entre les allées du Casino de Paris, et Colm Dillane est venu saluer, remerciant la Paris Fashion Week et le public de lui laisser tant de liberté et ramenant de la mode dans son propos : « je ne sais pas ce que vous penserez du show mais j’ai mis de l’inclusivité dans ma mode ! Regardez la multitude de silhouettes présentes sur scène ! Quand Alfie (comprenez Lucien Laviscount, le boy-friend dans la série Emily in Paris) m’a téléphoné pour assister, je me suis dit que je devrais être plus sérieux et organiser un vrai défilé, comme ceux… d’Alexander Wang ». Rires du public. À croire que la mode a sérieusement besoin de se débrider.

Courtesy of KidSuper. De gauche à droite : Jeff Ross, Stravos, Andrew Schulz
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