LVMH en tête du Top 100 des entreprises de luxe de Deloitte ; l'avenir s'annonce positif pour le secteur

LVMH arrive une nouvelle fois en tête du palmarès annuel des plus grands groupes de luxe mondiaux établi par Deloitte, suivi par Estée Lauder et Richemont. Kering et Luxottica ont échangé leurs places, le conglomérat français est passé à la quatrième place tandis que le géant italien de la lunetterie est tombé au cinquième rang. Le rapport, intitulé Global Powers of Luxury Goods, couvre l'exercice 2017.

Ensemble, les 100 premières entreprises de produits de luxe ont généré un chiffre d'affaires de 247 milliards de dollars US, contre 217 milliards pour l'exercice 2016. La croissance annuelle a également bondi à 10,8 pour cent, sur une base ajustée en fonction de la devise, soit beaucoup plus que la croissance de un pour cent enregistrée l'année précédente. L'Italie est à nouveau en tête du classement en terme de nombre d'entreprises inscrites, tandis que la France est le pays le plus performant en terme de croissance des ventes.

Le secteur le plus important de la liste est celui de l'habillement et de la chaussure, avec 38 entreprises, suivi de celui des bijoux et des montres, avec 32 entreprises. Cependant, le secteur de l'habillement et de la chaussure s'est classé au dernier rang de tous les secteurs en termes de revenu moyen par entreprise, à 1,1 milliard de dollars US.

La liste de cette année comprend huit nouveaux arrivants, à savoir : Chanel Limited (Royaume-Uni), Kosé Corporation (Japon), Revlon (États-Unis), Samsonite International (États-Unis), Vera Bradley Inc (États-Unis), Zadig & Voltaire (France), Van de Velde NV (Belgique) et Giuseppe Zanotti Spa, auparavant Vicini Spa (Italie).

Top 100 des entreprises de luxe par chiffre d'affaires :

  • 1. LVMH (France)
  • 2. Estée Lauder (USA)
  • 3. Compagnie Financière Richemont SA (Suisse)
  • 4. Kering SA (France)
  • 5. Luxottica Group (Italie)
  • 6. Chanel Limited (Grande-Bretagne)
  • 7. L’Oréal Luxe (France)
  • 8. The Swatch Group (Suisse)
  • 9. Chow Tai Fook Jewellery Group (Hong Kong)
  • 10. PVH Corp (États-Unis)

Les entreprises de luxe à la croissance la plus rapide :

  • 1. Canada Goose (Canada)
  • 2. Coty Luxury (États-Unis)
  • 3. Furla SpA (Italie)
  • 4. Titan Company Limited (Inde)
  • 5. Shiseido Prestige & Fragrance (Japon)
  • 6. Richard Mille SA (Suisse)
  • 7. Chow Tai Seng Jewellery Co. (Chine)
  • 8. Kering SA (France)
  • 9. Pandora A/S (Danemark)
  • 10. Moncler (Italie)

Gardez un oeil sur les HENRY

Le rapport de Deloitte prévoit un avenir positif pour le secteur du luxe, malgré le récent ralentissement de la croissance économique sur des marchés comme la Chine, l'Europe et les États-Unis. Les raisons d'un tel optimisme ? 76 pour cent des 100 sociétés ont fait état d'une croissance de leur chiffre d'affaires, avec près de la moitié d'entre eux enregistrant une croissance à deux chiffres d'une année à l'autre.

La demande future de produits de luxe devrait augmenter à mesure que de plus en plus de consommateurs du monde entier atteindront le statut de classe moyenne : d'ici 2020, plus de 50 pour cent de la population du monde sera considérée comme une classe moyenne. Mais il y a un groupe particulier au sein de la classe moyenne que Deloitte conseille aux entreprises de luxe de garder à l'œil : les HENRY (High Earners, Not Rich Yet : salariés à revenu élevé mais pas riches pourtant). Avec une moyenne d'âge de 43 ans, les HENRY gagnent actuellement entre 100 000 et 250 000 dollars US par an. Selon le rapport, ce groupe de consommateurs est avisé en matière de numérique, adore les achats en ligne et n'a pas peur de dépenser beaucoup d'argent en produits de luxe.

Le développement durable est la clé de la poursuite de la croissance du secteur du luxe

Une fois de plus, Deloitte a conseillé aux entreprises de luxe de prendre leurs distances par rapport à des concepts comme la consommation excessive ou l'élitisme, car un nouveau type de consommateur, aux valeurs différentes, s'empare du marché. Millennials et Gen Zers attendent des marques qu'elles s'alignent sur leurs préoccupations en matière d'environnement, de bien-être animal, d'égalité des sexes et de pratiques de travail.

Des acteurs de premier plan commencent déjà à changer leurs façons de faire en conséquence. L'année dernière, le label de luxe britannique Burberry a annoncé qu'il cesserait de détruire les invendus après avoir subi de nombreuses critiques des consommateurs sur les médias sociaux. En 2018, Prada a également créé un conseil consultatif sur la diversité et l'inclusion et Kering a publié une liste officielle des exigences environnementales et sociales pour ses marques et fournisseurs, pour ne citer que deux exemples.

De l'omnicanal à l'omnipersonnel

On a beaucoup parlé de l'importance d'élaborer une stratégie omnicanal, étant donné qu'un nombre croissant de consommateurs utilisent à la fois les magasins en ligne et les magasins physiques - à tel point que l'omnicanal ne sera bientôt plus un mot à la mode, mais plutôt une pratique courante. Les entreprises de luxe qui cherchent à se démarquer de leurs concurrents et à s'assurer de la fidélité de leur marque investissent dans des services hautement personnalisés afin de donner aux clients un sentiment de commodité et d'exclusivité encore plus grand.

Louis Vuitton a lancé l'an dernier un programme de personnalisation intitulé "Now Yours", qui permet aux clients de personnaliser une collection capsule pour hommes. Gucci a fait de même avec son service "Do It Yourself", grâce auquel les clients peuvent ajouter leurs initiales aux baskets et aux sacs à main. En 2017, Burberry a lancé une collection de parfums sur mesure, à la suite d'une campagne réussie permettant aux clients de choisir le style, la couleur, le tissu et la matière de leur trench-coat.

Établir des relations fondées sur des données

Les Big Data s'avèrent utiles dans ce nouveau paysage où les marques de luxe ont pour mission d'offrir aux clients une expérience hautement personnalisée. Plusieurs labels, dont Louis Vuitton, Dior et Tommy Hilfiger, utilisent déjà des technologies basées sur l'intelligence artificielle pour réaliser des analyses de segmentation des consommateurs, de comportement et de sentiment, ainsi que des analyses prédictives. Kering, par exemple, a créé une équipe de science des données en 2018 pour travailler sur les “technologies perturbatrices" afin d'améliorer davantage l'expérience client. Du chatbots au marketing ciblé, Deloitte s'attend à ce que les entreprises de luxe proposent de nouvelles stratégies numériques dans lesquelles les données occupent une place centrale.

Cet article a été traduit et édité en français par Sharon Camara.

Photo : Louis Vuitton Facebook

 

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