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Nathalie Lebas-Vautier : son combat pour une mode plus engagée

By Céline Vautard

26 nov. 2018

Mode |INTERVIEW

L’entrepreneure, qui a créé Ekyog en 2004 (revendue en 2015), revient sur le devant de la scène avec une nouvelle marque de Carewear : Marie & Marie. En parallèle, elle accompagne des clients dans leur démarche RSE avec sa société Good Fabric. Rencontre avec une femme inspirante et passionnée.

Comment est née Marie & Marie ?

En 2015, j’ai connu une année difficile (Ekyog, qui a été l’une des premières marques de mode éthique a déposé le bilan en 2014, avant d’être acquise en 2015 par l’investisseur canadien, Yan Lin, NDLR), j’ai beaucoup vécu dans des vêtements confortables qui étaient pour moi comme des pansements. L’histoire de Marie & Marie est liée à un moment de ma vie où j’ai eu envie de bien-être. Je faisais un peu de yoga et je trouvais intéressant que le vêtement ne soit pas uniquement un statut social mais un besoin de s’assumer. Juste être bien dans sa vie et dans ses vêtements. En 6 mois j’ai trouvé le nom (son mari s’appelle Louis Marie et sa fille Clara Marie, une évidence donc), la charte graphique, le concept, tout est allé très vite. La marque a été lancée en mai 2017.

Il y a aussi une partie plus technologique ?

Oui, c’est celle qui a été la plus compliquée. Je voulais des vêtements sensorielles, cosmétiques, à la composition écologique (coton bio, polyester recyclé, lyocell). J’ai dû trouver un laboratoire français pour imaginer des micro-capsules d'huiles végétales et essentielles certifiées biologiques que l’on a intégrées dans les fibres. Celles-ci permettent d’hydrater la peau et de la sublimer au contact des vêtements. C’est ce qu’on appelle le Carewear : un vêtement qui fait du bien au corps.

A qui s’adresse Marie & Marie, quel est son positionnement ?

Tout d’abord une communauté de yogistes est venue à moi, mais aujourd’hui c’est une clientèle plus large qui achète la marque. Je revendique le bien-être au quotidien, chez soi, pour sa séance de sport, c’est un peu le “hygge“ à la scandinave ! Nous proposons des pièces comme des tops, des sweats, des leggings, de la lingerie sans couture, Quant au positionnement, il est forcément ancré dans la slow fashion. Le but de chaque article est de durer longtemps, d’être intemporel. Sans compter que nous ne faisons pas de soldes. Nous sommes actuellement en phase de test et nous recréons de nouveaux produits car la moitié de la gamme est déjà sold out.

Vous inaugurez aussi une autre façon de vendre ?

Oui, j’ai pensé cette marque pour les femmes. Celles qui souhaitent entreprendre, celles qui ont envie de nous représenter, de nous porter. Pour les premières, que nous appelons les Slasheuses, nous leur proposons de devenir nos ambassadrices et de vendre nos produits chez elle, à domicile. Sur le site, notre e-shop propose aussi 2 tarifs par produit. En adhérant à notre club des Lumineuses (15 euros par an dont 4 euros reversés à un projet d’entreprenariat au féminin), nos clientes bénéficient de prix préférentiels (-25 pour cent toute l’année). L’idée est de penser la mode autrement !

En parallèle, nous avez une autre casquette et accompagnez les marques dans leur démarche RSE ?

Oui, avec mon mari Louis Marie Vautier, nous avons lancé Good Fabric eco-design workshop en 2015 afin d’aider les marques (mode, linge de maison, maille) sur des questions de développement durable. Cela va du design, au sourcing, à la fabrication… En 2004, lorsque nous avons lancé Ekyog, nous étions peut-être trop en avance sur notre temps ; là, c’est le bon timing. Mon action devient vraiment utile.

L’industrie de la mode est-elle prête, qui accompagnez-vous par exemple ?

Good Fabric conseille tout ceux qui veulent agir de façon très concrète. Nous travaillons notamment avec Monoprix, Eric Bompard, Biocoop, Nature & Découvertes, Emoi Emoi… Par exemple, Bioccop est un acteur très exigeant et engagé, alors que d’autres sont moins avancés mais ont une échéance. Je progresse avec chacun. L’écologie en France n’est pas si simple que cela. De même qu’acheter un produit au juste prix est un vrai sujet. Heureusement les consciences s’éveillent. Il est temps ; la mode ne doit plus être la seconde industrie la plus polluante au monde.

Photos : Portrait Nathalie Lebas-Vautier - Marie & Marie, collection en cours.