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Balibaris : Nathalie Haddad de retour au chevet de l’enseigne masculine

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Credits: Balibaris
By Diane Vanderschelden

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Balibaris change de gouvernance dans un moment décisif de son histoire. Placée en redressement judiciaire début février 2026, l’enseigne de mode masculine premium a annoncé, le 13 février, la nomination de Nathalie Haddad à sa présidence. Elle succède au fondateur Paul Szczerba et reprend les commandes d’une maison qu’elle connaît intimement pour en avoir été la directrice générale entre 2017 et 2022.

Un fleuron du vestiaire masculin face au mur du retail

Fondée en 2010, Balibaris s’est imposée en quinze ans comme une marque référente du vestiaire masculin contemporain. L’entreprise revendique plus de 60 points de vente et environ 200 collaborateurs, avec une présence en France, au Benelux et au Royaume-Uni. Cette expansion rapide, combinée à une forte notoriété dans le segment du « luxe accessible », a longtemps incarné un modèle de croissance maîtrisée dans le retail masculin. Mais comme nombre d’enseignes positionnées sur le premium, la marque se heurte depuis deux ans à un environnement devenu plus instable.

Le redressement judiciaire prononcé début février intervient dans un contexte sectoriel marqué par la contraction de la consommation, la hausse des coûts d’exploitation et une pression grandissante sur les stocks. Le modèle retail intégré, fondé sur un réseau dense de boutiques physiques, implique des charges fixes élevées. Lorsque le trafic ralentit et que les arbitrages budgétaires des consommateurs se durcissent, la structure de coûts devient un facteur de vulnérabilité. Balibaris n’échappe pas à cette mécanique.

Le choix de l'expertise opérationnelle : le pari Nathalie Haddad

La nomination de Nathalie Haddad ne relève pas d’un simple changement de visage. Son retour correspond à un choix de continuité dans la transformation plutôt qu’à une rupture brutale. Entre 2017 et 2022, elle avait accompagné une phase d’accélération majeure, marquée par le passage d’une dizaine à plus de 60 points de vente, la refonte du site e-commerce et la consolidation du positionnement de la marque.

Son parcours antérieur éclaire le pari opéré par l’actionnariat. Chez Sandro, elle a participé à la mise en place d’une structure retail passée de 7 à 300 points de vente. Elle a également évolué chez Comptoir des Cotonniers et au sein d’Experienced Capital. Depuis 2022, elle pilotait sa propre structure, Retail Game (SAS spécialisée dans le conseil de gestion), accompagnant des enseignes comme Jimmy Fairly ou Merci sur leurs problématiques de croissance.

Ce profil hybride, à la croisée de l’opérationnel et du conseil, correspond aux besoins de la société Rouvre (dénomination juridique de Balibaris), actuellement sous procédure collective. Nathalie Haddad y retrouve une structure qu’elle connaît parfaitement, ayant déjà exercé des fonctions de direction au sein de l'entité de 2017 à 2024. Sa mission est désormais de stabiliser une entreprise de près de 200 salariés et transformer son expertise en conseil en une stratégie de survie opérationnelle.

Discipline financière et nouveau souffle capitalistique

Le redressement judiciaire offre un cadre pour geler le passif et organiser un plan de remboursement, mais il impose en parallèle une discipline stricte. La priorité n’est plus l’expansion rapide du réseau, mais la rentabilité de chaque point de vente, l’optimisation des stocks et la maîtrise du besoin en fonds de roulement.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Nathalie Haddad insiste sur sa volonté de « renforcer la désirabilité de la marque » tout en évoquant le soutien d’un family office récemment devenu actionnaire majoritaire. Cette évolution capitalistique est déterminante : elle suggère une volonté de stabiliser l’actionnariat et d’inscrire la marque dans un horizon plus long, moins dépendant d’une logique de croissance accélérée.

L'étroit chemin du premium masculin

Le défi reste considérable. Le segment du prêt-à-porter masculin premium se situe dans une zone intermédiaire délicate. Trop haut de gamme pour rivaliser sur le prix, mais pas suffisamment exclusif pour bénéficier de la résilience du luxe, il subit de plein fouet les arbitrages des consommateurs. La montée de la seconde main et la concurrence des marques digitales pèsent sur la fréquence d’achat.

Pour Balibaris, l’enjeu est donc double : restaurer la solidité financière en rationalisant le réseau, tout en préservant son capital de sympathie auprès d’une clientèle urbaine fidèle. La réussite du redressement dépendra de la capacité à trouver un nouvel équilibre entre ambition créative et prudence économique. Au-delà du cas Balibaris, cette nomination illustre une tendance de fond : le retour aux profils opérationnels aguerris pour piloter des phases de consolidation rigoureuses.

Balibaris
Mode Masculine
Redressement judiciaire