La gestion des invendus : quid des excédents de stock ?

En France, depuis plus d’un mois, les commerces non-alimentaires ont fermé boutique pour limiter la propagation de l’épidémie du Covid-19. Cette situation inédite a placé les enseignes et magasins d’habillement face à plusieurs défis, parmi eux : la gestion des invendus.

La problématique des stocks met notamment en exergue la cadence effrénée des productions de collections en touchant de plein fouet les entreprises de la fast fashion. Mais elle concerne aussi, à une autre échelle, les plus petits avec une nuance toutefois : ceux ayant misé sur des produits inter-saisonniers devraient, semble-t-il, mieux s’en sortir car beaucoup de ces produits pourront se vendre plus tard dans la saison, à partir de septembre 2021, expliquait Xavier Aujard (fondateur de Prêt Pour Partir) à FashionUnited le 25 mars dernier.

Selon Raffy Kassardjian, PDG de Parker Lane Group, le problème des invendus est devenu une priorité : « le Covid-19 a montré qu'à l'avenir, la sécurité des détaillants dépendra d'une solide planification d'urgence des stocks invendus et de la sécurisation de voies de sortie alternatives au-delà des principaux marchés », a-t-il déclaré dans un mail adressé à FashionUnited. Parker Lane Group, est une société basée au Royaume-Uni, spécialisée dans la gestion de stocks des retours clients, elle travaille notamment avec les enseignes Kiabi et Cache Cache et vient en aide à ses clients concernant la gestion des stocks excédentaires.

FashionUnited a contacté par mail Julie Hutchinson, porte-parole, de Parker Lane Group, afin d’en savoir plus sur les options qui s’offrent aux entreprises de mode. Selon Julie, deux actions majeures sont à mettre en place.

Créer une nouvelle stratégie de gestion des invendus et réévaluer la chaîne d'approvisionnement

Il s’agit avant tout de faire valoir la valeur maximale des stocks invendus et cela passe notamment par de nouvelles négociations avec les fournisseurs afin de mettre en place une nouvelle stratégie de gestion concernant les invendus. Si les contrats stipulent que les détaillants doivent respecter leurs engagements d'achat, ils ont besoin, aujourd’hui plus que jamais, d'un plan « au cas où » afin de gérer le stock en cas de fermeture de leurs canaux de vente habituels.

« Traditionnellement, les invendus étaient intentionnellement inclus dans la stratégie de vente au détail afin de garantir que la demande des clients était satisfaite. Ils représentaient généralement de 3 à 5 pour cent des revenus alors qu'ils sont désormais devenus la principale préoccupation des détaillants » précise Julie.

Débarrasser les entrepôts et trouver de nouvelles pistes de revente

« Au Royaume-Uni et en Europe, il est certain qu’il faut faire une croix sur la saison PE20 » affirme Julie. « Les détaillants peuvent atténuer le débordement des stocks sur leurs marchés principaux en vendant sur les marchés secondaires qui sont moins touchés par le Covid-19. »

Selon Julie, cela aide à améliorer certains des OPEX des détaillants et cela permet aussi de distribuer les stocks dans les pays où la saison PE20 débute tout en protégeant leur image de marque sur leurs principaux marchés.

Pour aider les entreprises à gérer le problème des invendus, plusieurs organisations spécialisées existent. Il y a par exemple Captiva GmbH, une société de commerce d’invendus basée à Neuss, en Allemagne, Optoro, une entreprise américaine dont le domaine d'activité rejoint celui de Parker Lane Group et qui travaille notamment à donner une seconde vie aux invendus grâce au modèle de l’économie circulaire. En France, Eco-TLC, un organisme à but non-lucratif collecte les tissus usagés en vu de les réintégrer dans une économie circulaire.

L’orientation durable que prend le secteur de la mode depuis plusieurs saisons est donc un élément à prendre en compte dans la gestion des invendus. La loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, intégrant notamment l’interdiction de la destruction des invendus non-alimentaires, a été publiée au Journal officiel le 11 février 2020 et entrera en vigueur en 2022. Elle amènera notamment les entreprises à optimiser le cycle de vie des produits mis sur le marché. Le défi actuel des excédents de stocks peut donc être appréhendé comme un avant-goût et une étape éducative de préparation à un modèle plus durable.

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Photo : Inditex

 

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