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La décision visant à confier au groupe LVMH l'ex-musée des Arts et Traditions populaires (ATP) du bois de Boulogne, propriété de la Ville de Paris, pour en faire un lieu dédié aux métiers d'art, a été approuvée mardi en Conseil de Paris grâce aux voix de l'opposition municipale de droite.

La convention confiant pour 50 ans les murs de l'ancien musée au groupe de luxe, qui va le rénover sous la houlette de l'architecte américain Frank Gehry, a été approuvée par les élus socialistes, Les Républicains et UDI-Modem. Les groupes communistes et écologistes, membres de la majorité municipale, ont voté contre, ainsi que le Parti de Gauche qui n'en fait pas partie. Bruno Julliard, Premier adjoint de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, a défendu "la naissance permise d'une grande institution culturelle mettant à l'honneur le savoir-faire français" pour laquelle "les contribuables parisiens ne paieront pas un euro".

L'UDI-Modem, en saluant une "aubaine" pour Paris, a demandé des assurances que "l'accès au plus grand nombre" soit garanti dans ce futur centre. Le groupe Les Républicans a salué un "très beau projet" préservant, tout en le réhabilitant, un "bâtiment emblématique".

Le groupe écologiste a dénoncé pour sa part "la belle opération pour une multinationale" et un "projet culturel particulièrement flou". Les communistes, craignant un "Bernard Arnault-land" au bois de Boulogne qui accueille déjà la Fondation Louis Vuitton d'art contemporain et où LVMH gère le Jardin d'Acclimatation, auraient préféré y voir installer un lieu mémoriel sur l'esclavage.

Le géant du luxe a annoncé le 8 mars, aux côtés du président François Hollande et de Mme Hidalgo, un investissement de 158 millions d'euros pour cette nouvelle "Maison LVMH - Arts, Talents, Patrimoine", qui s'installera sur l'ancien musée fermé au public depuis 2005, qui se dégradait depuis. L'Etat a donné 10 millions d'euros pour la rénovation.

La convention d'occupation du domaine public votée prévoit le versement d'une redevance fixe de 150.000 euros par an à la Ville et une redevance variable sur le chiffre d'affaires (de 2 à 10 pour cent selon la nature des activités: expositions, concerts, événementiel, produits dérivés, restauration). (AFP)

The Kooples fait sa révolution

En créant leur propre griffe parisienne il y a 8 ans, les trois frères Alexandre, Laurent et Raphaël Elicha ont merveilleusement mis à profit les enseignements prodigués par leurs parents Tony et Georgette, qui, comme chacun sait, sont à l’origine de Comptoir des cotonniers, marque fondée à Toulouse en 1997, revendue au groupe japonais Fast retailing en 2005.

Les ingrédients du succès ? Un capital de départ conséquent (en 2008, la famille Elicha a débloqué 22 millions d’euros pour lancer l’affaire), un positionnement précis (ici on parle de « haut de gamme accessible »), une cible bien identifiée (jeune, aisée et branchée), une image finement ciselée (des couples, réels ou imaginaires sont systématiquement mis en vedette dans toutes les campagnes photo de la marque depuis sa création, là où Comptoirs des cotonniers mettaitt en avant des couples mères-filles ; Raphael Elicha est l’auteur des clichés), un style pointu qui colle à l’air du temps.

The Kooples fait sa révolution

Mais la donnée la plus importante de cette anatomie d’unsuccès fut sans doute la prolifération fulgurante et massive des points de ventes sur tout le territoire français. Dès le départ, la marque a choisi d’ouvrir simultanément plusieurs dizaines de points de vente. En propre, aucun partenariat. EN 2009, la marque comptait 35 points de vente. Le double un an plus tard. On compte 160 boutiques en 2011. Tous dans des emplacements premier choix, en centre-ville. Les boutiques disposent de la totalité de la collection. La recette n’a pas changé 8 ans plus tard. Et si LBO France est aujourd’hui entré au capital (20 pour cent) c’est uniquement pour permettre à la griffe de s’étendre à l’international, même si aux Etats-Unis où les prix de l’immobilier sont élevés, le pdg de la marque, Nicolas Dreyfus, préfère passer par la case grands magasins.

10 collections par an

Aujourd’hui, les leviers de progression de la marque ne se situent plus vraiment dans l’expansion géographique. La marque dispose de 360 points de vente dans le monde depuis 2013. Les leviers passent désormais par l’exploitation des points de vente existants. Pour cela, les frères Elicha ont décidé tout d’abord de développer les lignes (montres, chaussures, sport) puis de multiplier les collections, se calquant ainsi sur les recettes gagnantes initiées par H&M et Zara. Le but bien compris est de permettre aux clients de découvrir des nouveaux produits à chaque nouvelle visite en boutique. Désormais, The Kooples propose 10 collections par an. Prochaine étape, l’accessoire. La marque lancer à l’automne des sacs à main. “Sac était l'un des mots les plus recherchés sur notre site, alors que nous n'en vendions pas», se justifie Nicolas Dreyfus. Le directeur général espère ainsi porter la part des accessoires dans ses ventes de 7 à 15 pour cent d'ici à trois ans.

Reste la question épineuse du style. En 2008, année de fondation de la griffe, l’imaginaire dandy, dark, l’attitude rock et la silhouette slim développés par Hedi Slimane dominaient l’imaginaire mode des jeunes consommateurs. The Kooples a pleinement surfé sur cet imaginaire avec le succes que l’on connaît. Sauf que cet imaginaire est aujourd’hui dépassé au profit des couleurs et des motifs vivifiants exaltés par Alessandro Michele chez Gucci. Avec pragmatisme, The Kooples a donc changé complètement son image pour se tourner vers un univers plus évanescent, qu’on pourrait qualifier d’hippy chic californien.

La nouvelle collection capsule, baptisée Sunrise, est parfaitement représentative de ce nouvel esprit. Une touche folk, une ambiance nomade et romantique : pour elle, des coupes fluides, jupe courte à volants, robes longues, imprimés poétiques, pompons fluides ; pour lui, des chemises et pantalons fluides façon pyjama, des imprimés Taj Mahal ou Darjeeling, des effets de texture. Meme les visuels ont changé : l’objectif s’est éloigné, la lumière, moins crue, inonde un appartement parisien qui ressemble à une escale romantique. Moins rock qu’aux débuts de la marque, mais toujours aussi diablement efficace.

Crédit photo : The Kooples

Habillement: la justice valide la reprise partielle de Mim, 800 emplois menacés

Le tribunal de commerce de Bobigny a validé mardi la liquidation partielle de l'enseigne de mode à petits prix Mim, un "coup dur" pour les salariés dont 800 risquent de se retrouver sans emploi.

Sur les six offres en lice pour la reprise de l'enseigne fondée en 1976, placée en redressement judiciaire en novembre, le tribunal a retenu celle déposée par l'enseigne suisse Tally Weijl qui devrait reprendre, en association avec le Français Etam, 71 points de vente sur les 233 magasins en propre (et 90 affiliés) implantés sur toute la France.

Le comité d'entreprise avait voté à l'unanimité pour le plan de reprise de la Compagnie du Clémenty, qui prévoyait de sauver plus de 90 pour cent des emplois en CDI et de relancer la marque. Mais le tribunal a estimé que cette offre ne présentait pas de garanties financières suffisantes, selon l'avocate des salariés, Me Justine Candat, du cabinet LBBA. Plus de trois millions d'euros étaient nécessaires dans l'immédiat pour faire repartir Mim, qui cumule une dette de 60 millions d'euros et accusait une perte de 9 millions sur le dernier exercice.

Pour les salariés, l'enseigne a payé les erreurs de gestion (baisse de la qualité et hausse des prix) de son actionnaire, le géant du textile chinois Main Asia qui l'avait racheté en 2014. D'une voix blanche, au bord des larmes, Isabelle Vilela, la déléguée du personnel, a annoncé la décision à la centaine de salariés rassemblés devant le siège de l'entreprise à Thiais (Val-de-Marne).

"Je suis vraiment déçue de cette décision que je n'arrive pas à comprendre. Je n'arrive pas à comprendre qu'on puisse licencier autant de personnes alors qu'on avait trois offres de reprise globale", a dit Mme Vilela à l'AFP. "On est sous le choc de l'annonce, on y croyait encore avec Clémenty qui avait fait une offre de rachat total, là c'est carrément le siège qui disparaît, c'est un coup dur", a déclaré Laura, 28 ans, employée depuis sept ans au siège. "Je pense surtout aux filles en magasin qui travaillent dans un secteur un peu bouché, je suis inquiète pour notre avenir", a-t-elle ajouté.

Vendeuse dans l'Essonne, Vanina, 27 ans, regrette que les candidats à la présidentielle "parlent beaucoup de l'emploi dans leur programme" mais n'aient pas manifesté leur "présence" auprès des salariés en lutte. La liquidation, "on y pensait tous les jours mais on gardait le sourire pour nos clientes", a ajouté la vendeuse. "Les prochains jours vont être difficiles mais on n'a pas le choix de continuer jusqu'à la fin, même si on sait maintenant qu'elle est proche".(AFP)

Photo: Mim website

Etam investit 500.000 euros dans un nouveau centre dédié à la recherche et au design de prototypes. La chaîne de mode a choisi d’abandonner ses locaux à Mouvaux et de s’installer à Marcq-en-Baroeul (Nord-Pas de Calais).

Les nouveaux locaux comportent une superficie de 1.900 mètres carrés et accueillent 70 employés et une centaine de machines afin de développer près de 5.000 prototypes. Le centre de Marcq-en-Baroeul produira principalement pour la marque de lingerie du groupe Etam (Etam Lingerie) et travaillera également sur l’élaboration des design de Undiz et Livy, la nouvelle enseigne qui sera lancée à l’automne prochain.

En 2016, le groupe Etam a ouvert 70 nouveaux points de vente à l’étranger et notamment en Thailande, en Corée du Sud, au Mexique et au Chili. Cette année, il renforcera son réseau en Russie, en Espagne, en Suisse, en Belgique et au Luxembourg.

Amazon déploie ses propres marques de mode, de quoi faire de l’ombre à l’un des plus grands distributeurs américains, Macy’s.

Le géant du e-commerce a créé huit labels et prétend gagner du terrain dans le secteur de la mode avec Lark&Ro, une marque de robes et de pièces “fond d’armoire” pour femme; Ella Moon, une mode féminine d’inspiration ethnique; Mae, offrant des pièces de lingerie et Paris Sunday, toujours pour femme, proposant des robes et tops.

Pour les hommes, Amazon a créé Amazon Essentials, une ligne de basics; Buttoned Down, une chemiserie low cost et Goodthreads, une ligne casual. Enfin, Amazon lancera également l’enseigne pour enfants Scout+Ro.

D’après WWD, le groupe américain pense développer une neuvième marque dédiée au sport, son nom n’a pas encore été dévoilé.

Actuellement, Amazon se trouve en pleine expansion en Europe et emploie près de 65.000 personnes. En 2016, la plateforme de vente en ligne a augmenté ses bénéfices à 2.371 millions de dollars. Le chiffre d’affaires du groupe a atteint les 135.987 millions de dollars, soit 27 pour cent de plus qu’en 2015.

Vivarte: décision le 27 avril sur la demande d'expertise des comptes du groupe

La justice rendra sa décision le 27 avril concernant une demande de la CGT d'expertise de gestion des comptes du distributeur textile Vivarte, examinée jeudi au tribunal de grande instance de Paris.

Les syndicats FO, CFTC et CFE-CGC de Vivarte (André, Naf Naf, La Halle...),se sont portés intervenants volontaires à la procédure, de même que le fonds d'investissement Oaktree, entré au capital de Vivarte. "La décision sera rendue le 27 avril à 14H00 et nous sommes confiants", a déclaré Karim Cheboub (CGT) à l'AFP, à l'issue de l'audience qui s'est tenue en présence de salariés du groupe et de son PDG Patrick Puy.

La fédération CGT du commerce et le syndicat CGT de Vivarte, engagé dans un vaste plan de restructuration, ont assigné fin janvier en référé Vivarte et ses sociétés de tête, Novarte et Novartex. Ils demandent que soit ordonnée une expertise des comptes du groupe, qui a annoncé en janvier deux nouveaux plans sociaux (PSE) ainsi que la cession d'André, son enseigne historique, et de Naf Naf. Dans leur viseur, les conséquences de la LBO (rachat par endettement) de 2007 et de la restructuration de la dette de 2014.

Les syndicats souhaitent que l'expertise se penche sur "l'impact des charges d'intérêt", mais aussi des distributions de dividendes, sur la trésorerie du groupe et ses capacités d'investissement. Ils demandaient aussi que l'expert procède à l'examen "du bien-fondé des décisions des dirigeants et actionnaires, notamment des fonds d'investissement entrés au capital de Vivarte en 2014", les fonds Oaktree, Babson, GLG et Alcentra, "au regard de l'intérêt social" du groupe et de ses filiales. Mais le juge a souligné que cela n'était pas le rôle de l'expert.

Me David Verdier, leur avocat, met en avant le "conflit d'intérêt" des "banquiers actionnaires", qui "privilégient les remontées de dividendes plutôt que les investissements". L'expertise, si elle était ordonnée, durerait de six à huit mois, selon le délai évoqué à l'audience. Le comité de groupe Vivarte et le comité central d'entreprise de La Halle demandent aussi une expertise de gestion, mais via une procédure devant le tribunal de commerce.

Près de 900 postes doivent être supprimés dans le cadre des deux PSE annoncés à la Halle aux chaussures et chez Vivarte Services. Mais les syndicats en craignent davantage et s'inquiètent notamment pour les deux dépôts du groupe. Le PDG Patrick Puy a évoqué à plusieurs reprises comme hypothèse "l'externalisation de la logistique en 2018, selon M. Cheboub. Les deux dépôts, à Issoudun et Châteauroux, comptent au total environ 600 salariés (CDI et intérimaires). (AFP)

Photo: Vivarte

Classement des milliardaires : Jeff Bezos pdg d'Amazon jouit de sa meilleure année

L’année a peut-être été difficile pour certains, mais pour Jeff Bezos, pdg du géant du commerce en ligne Amazon, l’année aura été sa meilleure - du moins en termes d'argent. Aucun autre milliardaire dans le monde n'a vu sa fortune augmenter comme Jeff Bezos, dont la valeur nette a augmenté de 25,5 milliards d’euros - plus que la valeur nette totale de tous, en dehors des 24 plus riches milliardaires, selon la liste Forbes 2017 des milliardaires du monde.

Jeff Bezos détient actuellement une valeur nette de 67,3 milliards d’euros, ce qui en fait le troisième plus riche milliardaire de la planète, après Bill Gates et Warren Buffett. Au cours de la dernière année, Jeff Bezos est entré dans le classement des dix premiers mondiaux des milliardaires de Forbes. Pour sa première année, le pdg a gagné deux places et a obtenu la 3ème place. Une partie de la hausse de la valeur nette de Jess Bezos est liée à l’action d'Amazon, car Jeff Bezos possède près de 17 pour cent d'Amazon.com.

CEO d'Amazon voit la valeur nette augmenter 25,5 milliards d’euros

Au cours de la dernière année, le cours des actions d'Amazon a progressé de 67 pour cent, au cours de la dernière année, en raison de son unité de cloud computing, Amazon Web Services, des investissements continus dans le secteur de la mode et de la plateforme de e-commerce. Considérée comme la principale entreprise de commerce électronique, Amazon serait la société qui a atteint le plus rapidement dans l’histoire les 100 milliards de dollars de ventes annuelles, en 2015. Avec une offre complète, de la mode aux livres en passant par la maison, le géant en ligne américain détient le plus grand marché chez lui, représentant 43 pour cent de toutes les ventes au détail en ligne aux États-Unis en 2016, selon Slice Intelligence.

Comme Amazon continue d’augmenter sa part de marché en ligne aux États-Unis et à l'étranger, l'entreprise de commerce électronique a mis l'accent sur la domination d'un autre marché - la mode. La société en ligne devrait surpasser Macy's, comme le plus grand vendeur de vêtements aux Etats-Unis, au cours de cette année, alors que Amazon continue d’investir dans le développement de ses propres marques de vêtements privées et d'élargir son offre de mode pour inclure des marques haut de gamme comme Stuart Weitzman et Zac Posen. La société en ligne a également ouvert son propre studio de photographie d'avant-garde, dédié à la mode, à Shoreditch, à Londres et devrait développer sa propre marque d’athleisure et de grandes tailles.

En outre, Amazon a récemment lancé un nouvel outil sur son application "Outfit Compare" qui est conçu pour aider les membres d'Amazon Prime, à choisir la tenue qu'ils devraient porter pour la journée. L'outil comprend des conseils sur les coupes, la couleur, le style et les tendances, et est sensé stimuler l’offre de mode d’Amazon.

FashionUnited a examiné la valeur nette et le patrimoine des 10 milliardaires les plus riches de la mode, en se basant sur le classement mondial des milliardaires de Forbes et partage ses résultats dans le StoryMap ci-dessous. Top 10 des plus riches milliardaires de la mode

Photos : Jeff Bezos, via Flickr

L'action de l'équipementier sportif américain Nike chutait mercredi à Wall Street après l'annonce la veille de résultats en hausse mais jugés décevants par le marché.

Nike, qui fait partie des 30 titres composant l'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones Industrial Average (DJIA), perdait 5,90 pour cent à 54,59 dollars vers 14h30 GMT.

Le groupe de Beaverton (Oregon) a annoncé mardi soir un bénéfice net de 1,141 milliard de dollars pour le 3e trimestre de son exercice annuel décalé, en hausse de 20 pour cent sur un an, et un bénéfice par action ajusté de 68 cents là où le marché n'attendait que 53 cents.

Mais le chiffre d'affaires a déçu: à 8,432 milliards de dollars, il est en hausse de 5 pour cent (7 pour centhors effets de change) mais en deçà des attentes des analystes qui étaient de 8,47 milliards.

C'est surtout le chiffre des commandes qui a fait peur aux investisseurs. Très surveillées par le marché, elles ont baissé de 4 pour cent; par rapport à leur niveau à la même époque l'an dernier, et de 1 pour cent une fois exclus les effets de change. Le directeur financier, Andrew Campion, a toutefois rappelé mardi soir lors d'une conférence téléphonique avec les analystes que leur niveau n'est pas un indicateur fiable de l'évolution du chiffre d'affaires.

Les ventes aux Etats-Unis n'ont pas été particulièrement bonnes au 3e trimestre, ne progressant que de 3 pour cent, alors qu'elles ont reculé de 2 pour cent en Europe occidentale en raison de la concurrence accrue d'Adidas. Elles ont, certes, progressé de 9 pour cent en Chine, où Nike voit un fort potentiel de développement en raison de la popularisation des activités sportives, et de 15 pour centau Japon.

Credit Suisse First Research a qualifié mercredi les résultats du groupe à la virgule de "tièdes", soulignant que cela devrait continuer au 4e trimestre. Mais les analystes de cette banque sont confiants dans le succès in fine du plan de redressement de la marque qui affronte la concurrence accrue de l'allemand Adidas et de l'américain Under Armour.

Appelé "triple double", il vise à doubler les investissements dans les produits innovants, doubler la vitesse à laquelle ils sont mis sur le marché et doubler les ventes directes aux consommateurs par le biais de l'internet. Ajoutant aux inquiétudes des investisseurs, Andrew Campion a toutefois précisé mardi que le rythme de croissance des résultats sur le trimestre en cours devrait être un peu inférieur à celui du troisième trimestre et la marge brute se contracter d'entre 150 et 175 points de base par rapport à la même période l'an passé, alors qu'elle a déjà baissé au 3e trimestre.

Nike possède également la marque Converse qui a vu ses ventes progresser sur un an de 3 pour cent à 498 millions de dollars. (AFP)

En Espagne, pays de Zara, l'industrie textile reprend des couleurs

En Espagne, derrière l'éclatante réussite de marques comme Zara, l'industrie textile commence tout juste à récupérer d'une grave crise qui a détruit un tiers des entreprises en moins de dix ans. Le groupe Inditex, propriétaire de Zara et de sept autres marques dont Massimo Dutti et Oysho, a engrangé plus de trois milliards d'euros de bénéfices en 2016, devançant ainsi largement son rival, le suédois H&M.

Grâce à ce géant, inventeur de la "fast-fashion" qui consiste à renouveler très rapidement les collections, mais aussi aux groupes catalans Desigual et Mango, l'Espagne tient un rôle-clé dans la mode mondiale. Près de 3 pour cent de son PIB provient de ce secteur (fabrication et commercialisation cumulées). Mais l'industrie textile espagnole ne se classe que cinquième en Europe en termes de chiffre d'affaires, derrière l'Italie, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France, selon la fédération professionnelle Texfor.

En Espagne, pays de Zara, l'industrie textile reprend des couleurs

Le nombre de ces sociétés, fabriquant tissus, fibres et accessoires comme les boutons, utilisés ensuite par les marques pour confectionner leurs vêtements, a fondu d'un tiers environ depuis 2008, selon Texfor. En cause, comme dans les autres pays occidentaux, la féroce concurrence des sous-traitants asiatiques, vers lesquels les marques espagnoles se sont tournées pour faire fabriquer leurs produits à bas coûts, ainsi que les répercussions de la crise économique mondiale.

Mais aussi un manque d'innovation et d'adaptation aux exigences d'un marché au rythme de plus en plus rapide, estime Antonio Valdivia, professeur de stratégie et marketing à l'école de commerce EAE. Beaucoup de patrons du secteur ont encore "une mentalité d'industriels, pas d'entrepreneurs", estime-t-il. En 2016 toutefois, le nombre d'entreprises a pour la première fois cessé de chuter depuis 2008, se stabilisant autour de 3.500 sociétés.

La vigueur de la reprise économique espagnole (+3,2 pour cent de croissance en 2016, le double de la moyenne de la zone euro) a coïncidé avec le redimensionnement d'un secteur dont les entreprises les moins compétitives ont disparu.

Valeur ajoutée

"Ceux qui ont survécu sont ceux qui ont été capables de diversifier leur carnet de commandes, de se tourner vers l'extérieur" et de répondre plus rapidement aux demandes de multiples clients, explique Manuel Diaz, président du Conseil intertextile espagnol (CIE), la patronale du secteur. Les exportations représentent désormais 60 pour cent du chiffre d'affaires de l'industrie. Elles ont progressé de 7 pour cent en 2016. Paradoxalement, cela peut signifier vendre des tissus bruts au Maroc (1ère destination des exportations textiles espagnoles), où des usines les transformeront en vêtements pour le compte de grandes marques internationales, y compris espagnoles.

En Espagne, pays de Zara, l'industrie textile reprend des couleurs

Après avoir "oublié" les fournisseurs espagnols, les grands groupes comme Inditex et Mango ont récemment "augmenté leur part d'approvisionnement" en Espagne mais elle "devrait être encore bien plus élevée", regrette Manuel Diaz. Inditex affirme avoir augmenté de près de 9 pour cent le nombre de ses fournisseurs en Espagne depuis 2012, mais ce chiffre n'inclut pas uniquement des entreprises textiles. Pour les experts, la stratégie internationale des grands groupes de mode espagnols a aussi poussé les petites entreprises à se moderniser et à se tourner vers des activités à plus forte valeur ajoutée.

"Je préfère voir 50 personnes occupées à faire du design graphique de haut niveau, plutôt que 50 personnes en train de coudre des tee-shirts", estime Frederic Sabria, enseignant à l'école de commerce IESE. "Grâce à (Inditex et Mango), le secteur textile est resté une industrie importante pour ce pays", abonde M. Valdivia. Les entreprises se sont aussi diversifiées hors du textile destiné à la mode, se mettant à produire des tissus "techniques", souvent de haute qualité, pour l'industrie automobile, l'agriculture, ou le sport.

Ces produits, qui ont "une plus haute valeur ajoutée", représentent désormais 60 pour cent de la production des entreprises textiles espagnoles, explique Andres Borao, secrétaire général de Texfor. Sur fond de décrue du chômage en Espagne, les entreprises textiles ont aussi embauché près de 45.000 personnes en 2016, soit 3,7 pour cent de plus que l'année précédente. Contrairement à ce qui se passe dans le reste du pays, qui détient le record de contrats précaires en Europe, "ce sont en majorité des contrats à durée indéterminée. C'est une satisfaction", se réjouit M. Borao. (AFP)

Photos: Inditex

Hermès a cumulé les records en 2016 mais reste prudent pour 2017

Ventes, bénéfice, marge: le groupe de luxe Hermès a cumulé les records en 2016 mais préfère jouer la prudence pour l'exercice en cours en raison d'un contexte qu'il juge toujours "très incertain".

Le sellier-maroquinier du Faubourg Saint-Honoré a annoncé mercredi avoir franchi pour la première fois le cap du milliard d'euros de bénéfice net, et a fait état d'une rentabilité opérationnelle à "son plus haut niveau historique". "Nous étions forcément prudents sur cette année qui s'est passée presque mieux qu'on ne l'aurait pensé. Notre politique de changes nous a aidés", a résumé le président Axel Dumas.

Le groupe avait déjà annoncé début février des ventes annuelles record à 5,2 milliards d'euros (+7,4 pour cent de progression organique sur un an), portées par l'activité phare du groupe, la Maroquinerie et la Sellerie, qui a contribué pour moitié au chiffre d'affaires total. Aux côtés des modèles emblématiques Birkin et Kelly, les sacs Constance, Halzan et Lindy ont remporté un franc succès, ces lignes ayant pu être produites "à un rythme soutenu" par les quinze manufactures françaises qui fournissent la totalité de la maroquinerie maison.

"Près de 600 personnes ont été recrutées l'an dernier, essentiellement dans la production et la vente, dont plus de 400 en France", a tenu à souligner le dirigeant du groupe qui comptait un total de 12.834 salariés à fin décembre, dont 7.881 dans l'Hexagone. En 2016, toutes les zones géographiques ont été en croissance. Le résultat opérationnel courant a progressé de 10 pour cent pour atteindre 1,69 milliard d'euros, pour une marge opérationnelle qui s'est établie à 32,6 pour cent - soit conforme aux prévisions du groupe qui avait annoncé qu'elle serait "légèrement supérieure à celle de 2015", soit 31,8 pour cent.

Ambitieux mais prudents

A la Bourse de Paris, le titre Hermès perdait 0,69 pour cent à 10H10 (9H10 GMT) à 425,50 euros, dans un marché en repli de 0,78 pour cent. Pour le CM-CIC, Hermès "reste en capacité de surperformer durablement un marché du luxe en accélération notable depuis le deuxième semestre 2016. Nous attendons +9 pour cent de croissance des ventes en 2017, et l'équilibre des métiers devrait être meilleur qu'en 2016", selon l'analyse publiée mercredi matin.

Derrière la Maroquinerie, les autres divisions du groupe ont effet connu des sorts divers l'an dernier: les Vêtements et Accessoires ont terminé l'année sur un petit +0,2 pour cent, tandis que les Soies et Textiles se sont repliées de 0,8 pour cent, pénalisées par les suites des attentats en Europe, mais aussi le ralentissement des ventes en Grande Chine au premier semestre. Les Parfums ont vu pour leur part leurs ventes progresser de 8,5 pour cent, mais l'Horlogerie affiche un recul de 3,2 pour cent en raison d'"un marché toujours difficile et une base de comparaison élevée en fin d'année". Concernant 2017, Hermès ne fournit pas de perspectives chiffrées mais confirme "à moyen terme, malgré les incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires, son objectif de progression de chiffre d'affaires à taux constants ambitieux".

Le groupe "entre en 2017 avec une base solide", mais il reste "prudent face aux incertitudes globales qui nous entourent et au monde très incertain", a résumé Axel Dumas. Il a ajouté que l'objectif d'Hermès était de "rester dans cette continuité de stratégie, de valeurs et de prudence: on reste prudents mais nos objectifs de ventes sont ambitieux par rapport au marché", a souligné M. Dumas. (AFP)

Photo: Hermes Facebook