Pékin - Les rangs des multi-milliardaires en Chine à mesure que la lutte contre l'endettement force des entrepreneurs à alléger leurs portefeuilles, selon une étude de référence publiée jeudi.

Les fortunes de plus de 2 milliards de yuans (255 millions d'euros) ne sont plus que 1 819 cette année, soit 3 pour cent de moins qu'en 2018, selon le classement annuel du Hurun Report.

« C'est la première fois depuis (le début du classement il y a) 21 ans que la liste se resserre pour la deuxième année consécutive », a commenté le président du groupe de presse spécialisé dans le monde du luxe, Rupert Hoogewerf.

Les seules années précédentes où les rangs des plus riches avaient diminué étaient 2008, lors de la crise financière, et en 2002, après l'éclatement de la bulle internet.

Des industries en perte de vitesse

Cette année, les secteurs traditionnels tels que l'industrie et l'immobilier ont souffert à mesure que des entreprises surendettées se voyaient obligées de vendre des actifs, réduisant d'autant la fortune de leurs actionnaires.

« Près de 40 pour cent de ceux qui figuraient sur la liste il y a deux ans en sont sortis », a remarqué M. Hoogewerf. « Ceci est directement lié à la décision du gouvernement chinois de restructurer l'économie » face aux risques financiers, selon lui.

Témoin de ces déboires, Wang Jianlin, patron du conglomérat Wanda, qui a construit sa fortune sur l'immobilier, a vu celle-ci fondre pratiquement de moitié en deux ans, à 15,5 milliards d'euros.

Son groupe, très endetté, a dû se défaire ces dernières années de nombreuses participations qu'il détenait, notamment à l'étranger dans les secteurs du tourisme et des loisirs. Résultat M. Wang se retrouve à la 9e place des Chinois les plus riches alors qu'il occupait la tête du classement en 2017.

Mais les grosses fortunes de la nouvelle économie, comme l'informatique, la pharmacie et l'éducation, remplacent la vieille garde.

Jack Ma, fondateur du géant du commerce électronique Alibaba, a conservé sa première place avec une fortune évaluée à 35,5 milliards d'euros, conséquente pour un jeune retraité : M. Ma, 55 ans, a cédé les commandes de son groupe le mois dernier.

Le patron du groupe internet Tencent, Pony Ma, est sur ses talons avec un bas de laine de 33,7 milliards d'euros

A la fortune du porc

En dépit de la guerre technologique que lui livrent les Etats-Unis, le fondateur du géant des télécoms Huawei, Ren Zhengfei, voit sa fortune grossir de 34 pour cent à 2,7 milliards d'euros.

Selon M. Hoogewerf, la guerre commerciale sino-américaine n'a pas encore eu d'impact sur les coffre-forts des superriches, même si elle a d'ores et déjà entraîné un ralentissement économique en Chine.

Un rival chinois de l'américain Starbucks, Luckin Coffee, tire en tout cas son épingle du jeu: sa fondatrice, Jenny Qian, fait son entrée dans le classement avec 738 millions d'euros en poche, alors que son groupe s'est introduit en mai dernier au Nasdaq.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres : dans l'agro-alimentaire, le patron du groupe porcin Muyuan triple sa fortune à 12,7 milliards d'euros Muyuan a décroché le jackpot en vendant près de 6 millions de cochons à la suite d'une épidémie de peste porcine qui a décimé le cheptel de ses concurrents et fait flamber les cours en Chine de 50 pour cent depuis un an.(AFP)

 

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