(publicité)
(publicité)
La mode coréenne à l’honneur au Musée des Arts Décoratifs

Le Musée des Arts Décoratifs accueille pour la première fois l’Exposition Internationale d’Art Coréen de la Mode à Paris, organisée par la Korean Fashion and Culture Association, qui se tiendra du 22 juillet au 28 juillet 2017.

L’exposition accueille plus de 110 artistes coréens et étrangers parmi lesquels des créateurs coréens renommés : Lie Sang Bong, Chang Kwang Hyo, Choi Boko, Yoon Sung Bo, Im Seonoc, Kwak Hyun Joo. Seront également présents les 5 créateurs émergents en Corée, dont Soowoo Park, ainsi que des designers étrangers de 6 autres pays, incluant la France.

Sous le haut patronage du Ministère de la Culture, de la Korea Research Institute for Fashion Industry (KRIFI), de la ville de Daejeon, du Centre Culturel Coréen à Paris, de Samsung Electronics, et de Hyungji, cet événement proposera une exposition de mode, des conférences internationales ainsi que des rencontres.

Sous le thème “Cross-Cultural Convergence”, cette exposition offre aux artistes coréens un nouveau champ de création artistique et culturelle, en leur proposant de réinterpréter de manière contemporaine le costume traditionnel coréen, d’en déconstruire la beauté pour la recréer en osmose avec le style occidental.

L’exposition mettra à l’honneur le Blanc, Rouge et Noir, trois couleurs hautement symbolique en Corée. A travers diverses œuvres, l’exposition présente une image avant-gardiste de la mode coréenne, enrichissant ainsi un patrimoine culturel qui réunit passé et présent, Orient et Occident.

Photo : Exposition Internationale d’Art Coréen de la Mode

Barcelona Fashion Film Festival: Longue vie aux court-métrages de la mode!

Barcelone, c’est Barcelone. Et peu importe comment on la voit, elle ne cesse de générer des émotions. Ces dernières années, elle a offert un éventail de thèmes avant-gardistes au secteur de la mode avec ses salons, défilés et expositions et à partir de l’automne prochain, elle pourra continuer à inspirer ceux qui, de près ou de loin, la désirent.

Les cinéastes, producteurs, marques et designers émergents pourront profiter d’un nouveau point de rencontre dans la ville. Le 5 octobre inaugurera la première édition du « Movistar Barcelona Fashion Film Festival » (MBFFF), unique festival de fashion films –ou courts métrages- à Barcelone, qui promeut le septième art comme outil de communication 2.0 pour les marques de mode.

Un élément clé pour le secteur?

Le projet a été imaginé par trois élèves d’une école de mode de Barcelone : Eva Font, qui occupe le poste de Directrice et Responsable de Communication du festival, Alba Piris, Directrice Adjointe et Directrice Artistique et Andrea Lopez, Responsable de Production.

“Dans ce travail de fin d’études, au début, personne n’avait confiance en nous. Les gens pensaient que notre projet était trop ambitieux. Mais nous avons réussi à gagner la confiance de nos professeurs et de présenter notre projet au concours Movistar Artsy. Nous avons été sélectionnées et sommes aujourd’hui les organisatrices de ce festival », explique Eva Font.

“Ce festival est une pièce fondamentale qui manquait au secteur. Notre ville ne pouvait être une référence de mode à l’international sans avoir son propre festival. Nous pensons que cela va aider la ville à se hisser au rang des monstres du secteur comme New York, Londres, Paris ou Berlin.... »

Un fashion film est un moyen alternatif de comprendre la publicité. D’une durée généralement comprise entre une et quinze minutes, il est à mis chemin entre l’art et la publicité et prétend créer des liens émotionnels avec le public. D’ailleurs de plus en plus de marques de mode ont choisi d’adopter ce format, que ce soit Chanel, Dior ou Louis Vuitton ou encore des directeurs de cinéma comme Roman Polanski, David Lynch ou Spike Jonze.

“Les fashion films sont l’évolution logique des making-of”, Eduardo de Aysa.

Eduardo de Aysa, l’ancien pilote espagnol et commentariste de Formule 1, devenu homme d’affaires du secteur de la mode et de la beauté, a été témoin des premiers pas des fashion films en Espagne.

Le fondateur de le la célèbre agence de mannequins, Traffic Models, et de la maison de production, Magna Productions, a été un des précurseurs à pouvoir rapprocher la mode internationale de Barcelone. « J’ai pensé qu’on avait pas besoin d’aller à Paris ou New York car ici nous avions tout pour faire du bon travail », explique-t-il a FashionUnited.

“Nous avons comencé à faire des fashion films au sein des campagnes publicitaires de mode et beauté. Après, Internet est devenu un canal de vente puissant au niveau commercial et les premiers fashion films ont été réalisés par Gustavo Lopez Mañas et à cette époque, nous étions les seuls à le faire. »

“Au début, nous avons convaincu nos clients de leur faire gratuitement pour qu’ils puissent découvrir un nouvel outil et voir son résultat. Nous l’avons proposé à la marque de lingerie Andrés Sarda (marque barcelonaise rachetée par le groupe belge Van de Velde) et malgré ses réticences initiales, elle a adoré ! Cette petite oeuvre a apporté du prestige à la marque ! »

Barcelona Fashion Film Festival: Longue vie aux court-métrages de la mode!

Transmettre un message avec des possibilités extras.

Avec cet outil, Eduardo de Aysa observe une explosión de créativité. « Les fashion films veulent transmettre l’essence de la marque et se rapprocher de leur clientèle. C’est toujours de la publicité, mais sous une autre forme. Plus aimable, élégante et artistique. »

“Dans une campagne publicitaire, les photos peuvent donner un apperçu de l’ambiance et provoquer quelques émotions, mais elles ne peuvent pas transmettre un message dans son intégralité. Les photos peuvent montrer le produit, le vêtement, mais on ne peut l’apprécier totalement. Comme dirait le réalisateur catalan Victor Claramunt, primé sur de nombreux festivals internationaux : « Dans un fashion film, le vêtement devient un personnage à part entière ». Une ambiance de vacances, un paysage, sont difficiles à exprimer en photo. Avec seulement deux ou trois plans, le fashion film transmet l’essence de la marque, le type de femme ou d’homme pour lesquels il se dirige, il offre un champs d’action plus large si l’on veut accentuer le côté sensuel, sexy, élégant,etc. »

Et même si la photo reste le noyau du travail publicitaire, l’usage d’internet et des réseaux sociaux comme Youtube ont fait que les fashion films se soient multipliés par mille ces dernières années.

Le producteur –qui occupera le poste de président de ce nouveau festival- assure qu’avec un budget compris entre 6.000 à 10 000 euros et beaucoup d’heures de montage, on peut obtenir un film décent.

“Nous avons plus de cent films en candidatures. Je les verré tous. Je suis très exigent et le budget ne doit pas être un obstacle à la créativité. Si un réalisateur a une idée brillante mais n’a pas les moyens financiers pour la mettre en place, je peux l’aider. Les films doivent avant tout avoir une bonne localisation et un bon mannequin. Le reste, c’est –à-dire le scénario, la lumière, la musique et les plans doivent être biens préparés pour que l’ensemble transmette quelque chose de magique. La grande erreur que commettent beaucoup de réalisateurs est le manque de préparation de tous ces éléments avant le tournage. Avec mes équipes, je leur exige que tout soit bien ficelé pour avoir un bon point de départ ».

Autre élément à tenir en compte: la musique. « C’est elle qui va provoquer le consommateur. Si la musique n’accompagne pas bien le produit, le message se dissout ».

“Mon travail est de repérer des talents et de polir ces diamants bruts».

Eduardo de Aysa s’amuse à découvrir de nouveaux talents internationaux et malgré que leurs fiches techniques soient encore à un stade élémentaire, il se charge de « polir ces diamants ». « Je ne regarde pas leur passeport, je me fiche d’où ils viennent car nous sommes dans une ère globale. Cependant je trouve qu’en Espagne nous disposons d’une vraie puissance créative, c’est la raison pour laquelle beaucoup d’écoles de mode et d’audiovisuel ont récemment ouvert. »

“Nos films ont gagné des prix à la Jolla aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, à Berlin, dans le monde entier et le talent de directeurs internationaux comme Victor Claramunt ou Manuel Portillo par exemple, mérite d’être reconnu. »

Parmi ses nombreux travaux, De Aysa est fier du relancement mondial de Revlon fin 2014 avec la campagne « Love is on ». Le spot avait été diffusé sur écran géant à Times Square et en deux jours il a obtenu deux millions de visites sur internet.

Barcelona Fashion Film Festival: Longue vie aux court-métrages de la mode!

« Les fashion films doivent rester quelque chose de frais, de léger et de spontané. », Vladimir Marti.

Pour le photographe de mode, Vladimir Marti, né à Buenos Aires (Argentine) et éduqué en Suisse, les fashion films sont la continuité du travail photographique. « C’est une prolongation de la vie des photos avec en plus du mouvement et de la musique. Et grâce à la technique actuelle, on peut réaliser de très bons fashion films d’une façon très spontanée et avec beaucoup moins de budget que dans les campagnes traditionnelles. Ce que j’aime surtout, c’est le côté « fait maison » des fashion films réalisés avec un petit budget, sinon on tombe dans l’annonce publicitaire ».

Si la publicité reste une grosse machine dans l’industrie de la mode, Vladimir Marti pense que les fashion films devraient se maintenir frais, légers, spontanés et surtout très créatifs dans le but de toucher de nouveaux publics comme les amants de l’art en général ou même, pourquoi pas, un public étranger à la mode.

Photos: Pull&Bear 2017 - Collection avec Marc Marquez- de Federico Urdaneta/ Andrés Sarda, cartel de “Unique”, de Victor Claramunt, 2016/ Instyle Germany, “Pool Side”, de Vladimir Martí / Courtoisie: Magna Productions.

Vidéos: “Amen” Hawkers 2015, de Manuel Portillo / « Breaking the Rules », BibiLou SS2015, de Victor Claramunt / Courtoisie: Magna Productions.

La styliste Agnès b. va ouvrir au printemps 2018 à Paris une fondation pour y exposer sa collection d'art contemporain, a-t-on appris vendredi auprès de sa société. Passionnée d'art, galeriste et mécène, Agnès b. a constitué au fil des ans une collection de quelque 5.000 oeuvres (photographies, peintures, street art, sculptures). "Elle souhaite que le public puisse y avoir accès et en profiter", a expliqué la marque de prêt-à-porter.

La fondation sera installée "dans un quartier populaire de Paris intra-muros", ajoute la maison Agnès b. qui ne souhaite pas communiquer sur le lieu pressenti tant que les négociations ne sont pas finalisées. Agnès b., de son vrai nom Agnès Troublé, présente jusqu'au 5 novembre une sélection de 400 oeuvres à la Collection Lambert à Avignon. C'est à l'occasion du vernissage, mercredi, que la styliste de 75 ans a confié son intention de créer cette fondation.

L'ancien galeriste Yvon Lambert et Agnès b. "se rejoignent à bien des égards, tant par leur implication fusionnelle avec les artistes pour lesquels ils sont engagés que par leur éclectisme et leur regard avant-gardiste, faisant d'eux les témoins de leur temps", souligne la Collection Lambert.

La marque Agnès b. est distribuée dans près de 300 boutiques et corners dans le monde (dont 141 au Japon). Elle emploie 2.000 collaborateurs. (AFP)

Le sauvetage se confirme pour le musée des Tissus

Le musée des Tissus de Lyon, menacé de fermeture, est en bonne voie d'être sauvé, via un transfert d'actifs à la région Auvergne-Rhône-Alpes qui s'engage à le réhabiliter et à investir 10 millions d'euros, a-t-on appris de sources concordantes.

Lors d'une réunion mercredi, la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de Lyon Métropole, propriétaire des deux hôtels particuliers abritant le musée des Tissus et des Arts décoratifs, a proposé de les céder pour l'euro symbolique à la Région Auvergne-Rhône-Alpes qui, en contrepartie, accepte d'investir pour sa rénovation et réhabilitation, a indiqué à l'AFP le président de la CCI, Emmanuel Imberton.

La Région sera accompagnée par l'État à hauteur de 20 pourcent du montant des travaux, plafonnés à 5 M EUR, et éventuellement par la Métropole de Lyon qui devrait se prononcer prochainement, a-t-il précisé. "Pour la CCI, c'est un effort de 16 millions d'euros (la valeur estimée des bâtiments, ndlr) pour sauver ce musée et l'héritage des industriels lyonnais", a souligné M. Imberton, pour qui le dossier "a bien avancé aujourd'hui". "Ce transfert de propriété dans le patrimoine régional et le domaine public permet à la Région de financer en grande partie les travaux, estimés entre 20 et 30 M EUR", a déclaré pour sa part Étienne Blanc, premier vice-président de la Région. Sont notamment envisagés une boutique, un restaurant, des salles de réunion pour "faire rayonner le musée". Ainsi que l'installation du numérique et de la 3D afin d'atteindre le chiffre de 100.000 visiteurs par an (contre 30.000 aujourd'hui).

Concernant les frais de fonctionnement, la Région s'est engagée à hauteur de 1 M EUR par an. L'État contribuera pendant trois ans pour 300.000 euros à partir de 2018 et la CCI s'est engagée à verser 200.000 euros chaque année jusqu'en 2021, a détaillé M. Imberton. "Cela a été un long combat, aujourd'hui il faut que la Ville et la Métropole de Lyon se positionnent sur ce projet ambitieux et on devrait finaliser le projet début septembre", a-t-il ajouté. Une nouvelle réunion est prévue le 20 juillet.

Le musée lyonnais retrace 4.500 ans d'histoire du textile, de la tunique en lin datant de 2.150 avant Jésus-Christ aux derniers tissus composites utilisés dans l'aéronautique. (AFP)

Photo: Mtmad.fr

Christian Dior, une rétrospective d'exception pour 70 ans d'histoire

ZOOM De l'enfance normande de Christian Dior à sa galerie d'art parisienne, du tailleur Bar aux directeurs artistiques successifs à la tête de la griffe: la maison de luxe célèbre ses 70 ans avec une spectaculaire rétrospective à Paris.

Quelque 300 robes de haute couture, datant de 1947 à 2017, 1.000 documents et une centaine d'oeuvres d'art sont présentées sur près de 3.000 m2 au Musée des Arts décoratifs à partir de mercredi, jusqu'au 7 janvier, dans cette exposition, la plus complète à ce jour consacrée à Dior.

Dior, homme de l'art

Issu d'une famille d'industriels, Christian Dior est un homme d'une grande culture qui a été galeriste avant d'être couturier. "Ce n'est pas quelqu'un qui s'intéresse à l'art après avoir fait fortune, lui part de l'art pour aller à la couture", rappelle Olivier Gabet, directeur du musée et commissaire de l'exposition avec l'historienne Florence Müller.

Ami de nombreux artistes (Jean Cocteau, Max Jacob, Picasso...), il monte une galerie avec des associés et défend "l'art moderne et contemporain le plus avant-gardiste", souligne Olivier Gabet. "C'est lui qui va présenter pour la première fois des gens comme Alberto Giacometti et Salvador Dali".

Le New Look

L'une des stars de cette exposition, à la scénographie féérique signée Nathalie Crinière, est le tailleur Bar de 1947, avec sa jupe corolle, sa taille marquée et ses hanches rondes, caractéristiques du "New Look". Cette silhouette, qui révolutionne la mode d'après-guerre, est devenue "emblématique", commente Florence Müller.

Elle a donné lieu à de réinterprétations de la part de couturiers contemporains de Dior, de créateurs actuels, et bien sûr aussi de la part des six directeurs artistiques qui ont succédé au fondateur de la maison.

Saint Laurent, le successeur

Après la mort de Christian Dior à 52 ans, d'une crise cardiaque, c'est le jeune Yves Saint Laurent qui prend la suite. Sa première collection, dite "Trapèze", lui vaut le surnom de "petit prince de la mode". Autre moment marquant de l'ère Saint Laurent, la collection dite "beatnik", inspirée des bikers avec leur blousons de cuir, qui choque les clientes de l'époque.

Marc Bohan: "Slim Look"

C'est le directeur artistique qui détient le record de longévité chez Dior (29 ans) même s'il est un peu tombé dans l'oubli. "L'extravagance de ses successeurs, Gianfranco Ferré et John Galliano a un peu effacé sa période", reconnaît Florence Müller. "Mais il avait beaucoup de succès, et de très belles clientes, comme Grace de Monaco". Avec lui, les jupes se raccourcissent. Il invente un "Slim Look", très en phase avec les années 1960, à la silhouette adolescente et menue, qui évoque des mannequins comme Twiggy.

Gianfranco Ferré: ornemental

L'Italien retourne aux sources de la maison avec de grandes robes richement brodées, une évocation du tailleur Bar. Dans ces années 1980, il incarne la redécouverte de la broderie, du travail de plumassier, de fleuriste. L'ornement, nécessitant des heures de travail, est déployé largement.

John Galliano: exubérance et théâtralité

Avec John Galliano, l'excentricité à l'anglaise surgit dans le monde de la haute couture. Mais "il y a une filiation avec le fondateur, dans cette vision de la féminité très exacerbée: la taille fine, les hanches épanouies, la poitrine mise en valeur", remarque la commissaire d'exposition.

Raf Simons: pas si minimal

Le créateur belge a la réputation d'être un minimaliste. "Mais cette exposition est l'occasion de s'apercevoir que non", estime Florence Müller. "On peut avoir l'impression que c'est très simple, mais de près on peut observer la complexité du travail", souligne-t-elle, devant une broderie en trois dimensions, un organza découpé au laser, une robe entièrement faite de petites plumes.

Maria Grazia Chiuri, la prima donna

Nommée en 2016, l'Italienne Maria Grazia Chiuri est la première femme à la tête de la création chez Dior. Les robes exposées témoignent d'une vision délicate de la féminité, avec des broderies recouvertes de tulle, des fleurs d'herbier. "Cette exposition ne parle pas seulement de la maison Dior. Elle parle de l'époque et des femmes, c'est ce qui me fascine particulièrement", a commenté la directrice artistique.

Par Anne-Laure Mondesert, AFP

Image: Alain Jocard, AFP

Robe en protéine de lait, manteau anti-surveillance: la "fashion tech" s'expose

Une robe confectionnée à partir de protéine de lait, une cape qui réagit à la pollution de l'air, un manteau d'"invisibilité numérique": mode et technologie se rencontrent dans une exposition mêlant poésie et pragmatisme jusqu'à dimanche à Paris.

OEuvres d'artistes, de stylistes, de scientifiques, une trentaine de créations, dont seules quelques-unes donnent lieu à des applications commerciales, sont présentées à la Gaîté Lyrique. "Ce sont des gens qui s'approprient la mode, la font sortir de son pré carré, et la rendent peut-être moins futile", explique Irache Martinez, directrice de marque chez le spécialiste du déstockage en ligne Showroomprivé qui co-organise l'événement.

Les créations datent des sept dernières années. "La +fashion tech+ commence à avoir une histoire, elle a commencé dans les années 1990", rappelle la commissaire de l'exposition, Anne-Sophie Bérard, citant notamment la démarche avant-gardiste du créateur Olivier Lapidus. "Ce n'est pas qu'un phénomène passager, même si on n'en est pas encore à un commerce établi".

Robe lactée

La microbiologiste allemande Anke Domaske a inventé un nouveau textile écologique, à base de caséine, une protéine contenue dans le lait de vache, pour fabriquer un tissu "résistant et antibactérien". Avec cette innovation brevetée baptisée Qmilch, qui date de 2012, elle a créé une robe, à l'aspect et au toucher comparables à du coton.

"C'est une vraie solution d'avenir, qui va au-delà de la poésie, qui est utile et envisageable, consomme moins d'eau et fait appel à une matière qu'on a en trop, dont on ne sait pas quoi faire et qui peut se commercialiser", commente la commissaire de l'exposition.

"La réunion entre la technologie et l'art, c'est le propre de l'art. Léonard de Vinci était un ingénieur", note-t-elle. L'environnement est la première thématique de cette exposition, qui aborde également celles de l'intimité, de l'immatériel et du corps.

Cape anti-pollution

L'artiste polonaise Kasia Mola a travaillé avec une équipe de chercheurs de l'université King's College à Londres pour mettre au point un vêtement capable de réagir à la qualité de l'air.

La respiration du porteur, à travers un masque, fait changer la couleur de diodes équipant la cape. Les lumières, qui vont du blanc au bleu quand l'air est de qualité satisfaisante, passent au rouge quand il atteint un certain niveau de pollution au carbone suie. "Par exemple si un bus passe à côté, les fumées sont immédiatement détectées", explique-t-elle à l'AFP.

La question tient particulièrement à coeur à la jeune femme, asthmatique. Aujourd'hui installée à Londres, elle a passé son enfance, pour soigner son asthme, sur le navire de marine marchande où travaillait son père. Ce projet à mi-chemin entre art et science, qui a donné lieu à une performance à Manchester, pourrait donner lieu à des applications pratiques même si le prix des capteurs utilisés (environ 1.000 euros) est aujourd'hui rédhibitoire.

Manteau anti-Big Brother

En réaction à la difficulté voire l'impossibilité pour un individu de contrôler ses données personnelles, le collectif néerlandais Kovr, formé par les artistes Marcha Schagen et Leon Baauw, a conçu un manteau "d'invisibilité numérique" en matières métalliques.

"Avec ce manteau, qui se couvre jusqu'à la tête pour vraiment former un cocon, les GPS, le téléphone, plus rien ne passe, on disparaît littéralement du système de surveillance", indique Anne-Sophie Bérard.

Chemise symphonique

Comment permettre à des sourds et malentendants de vivre l'expérience d'un concert? C'est la problématique qui a conduit le studio de création londonien CuteCircuit à concevoir une chemise en collaboration avec l'orchestre Junge Symphoniker de Hambourg.

Par cette technologie utilisant des capteurs, la chemise permet de convertir les signaux audio provenant de la scène en impulsions et vibrations de différentes intensités. (AFP)

Foto: Gaite Lyrique Facebook

Pierre Hardy invite le mouvement punk chez Hermès

Paris, 11 juin 1977, Loulou de la Falaise, muse scintillante de la galaxie Yves Saint Laurent, célèbre son mariage avec Thadée Klossowski, fils du peintre Balthus. Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, subjugués par l'éclat de cette idylle, ont organisé le bal de mariage du jeune couple. Au chalet des iles, en plein cœur du bois de Boulogne, des canots ornés de gardénias blancs assurent la traversée des invités au restaurant. Trois cents personnes ont été invitées, cinq cents sont venues. Toute la coterie de Karl Lagerfeld s'est déplacée à la suite du couturier. Car le tout Paris mondain, ivre d'art, d'esprit et d'allure sait que ce bal va entrer dans la légende du style.

Loulou se souviendra de cette effervescence lorsque Alicia Drake composera son sulfureux livre Beautiful People: "C'est la première fois qu'on voyait à Paris un tel mélanges d'âges, d'activités, de classes sociales, un méli-mélo de personnages et tout le monde était enchanté de se rencontrer, tout le monde se regardait. Il y avait des punks français, très mondains en un sens, ils avaient terriblement envie de rencontrer des gens chics." Inutile de préciser que "les gens chics " brulaient, eux aussi, d’une irrépressible envie de se laisser aveugler par ce soleil noir venu d’ailleurs.

Un an plus tôt, dans l’atmosphère flambante de l'été 76, le Punk jaillit spontanément en Grande Bretagne. Pas question de dresser ici l’inventaire d’une histoire que vous connaissez déjà : sa première incarnation par les Sex Pistols, Malcolm McLaren en initiateur machiavélique, Vivienne Westwood qui se charge de confectionner les tenues qui poseront les fondations d’une apparence nouvelle. On ne retiendra ici que les symboles : les épingles à nourrices utilisées comme bijoux, le piercing et la réappropriation artistique des vêtements de masse.

Quand le mouvement investit Paris en 1977, ses traits se sont légèrement modifiés. Si le punk s’y moque encore bien volontiers des utopies de mai 68 et des idéaux baba cool de ses grands frères qui, neuf ans plus tôt, rêvaient en manteaux de poils de chèvre à une société égalitaire : il se distingue avant tout, comme les Incroyables et les Merveilleux du Directoire, par sa subversion visuelle et sa superficialité à toute épreuve, sans autre idéologique que le cynisme, la rage et la liberté.

Cette provocation sombre et brillante devint la nouvelle idole dont le Paris mondain s’amourachât pour satisfaire ce besoin d’engouement et d’enthousiasme factice dont il est régulièrement chatouillé. Ce look tiré à quatre épingles (à nourrices) eut beaucoup de succès, parce qu’il tranchait et qu’il était effectivement tout neuf.

L’impertinence est indispensable à la création

L’exposition « Punk: Chaos to Couture » réalisée par le prestigieux Costume Institute rattaché au Met de New York en 2014 a rappelé à tous que le caractère intempestif de ce rapprochement inattendu continue de faire sens aujourd’hui. Et si à chaque saison, on le croit moribond, l’imaginaire punk refuse de céder du terrain dans l’imaginaire des créateurs de mode, de luxe ou de bijou. Les exemples sont nombreux : le collier imaginé par Emily Minchella pour la marque de joaillerie As29 à partir d’épingles à nourrice pavées de diamants, le cône bicolore de Pristine serti de diamants noirs et blancs, les chaines délicieusement « spiky » proposées par Messika, le clou de Cartier, le piercing berbere de Repossi : tous affectionnent les ressources de cet oxymore joaillier : la rencontre des contraires.

Mais c’est malgré tout chez Hermes que cette union des extremes est la plus heureuse. Sous l’impulsion de Pierre Hardy, directeur de création des bijoux Hermès, la Chaîne d’ancre créée en 1938 se fait ostensiblement punk cette année, en s’étirant jusqu’à devenir épingle à nourrice. Et pour mieux appréhender le sel de ce rapprochement à priori inattendu entre une vénérable maison bourgeoise et cette éphémère mouvement de révolte, le maroquinier présente du 20 juin au 29 juillet, au 24 rue du Faubourg Saint-Honoré, une scénographie toute en déconstruction- reconstruction de ces nouveaux bijoux Chaîne d’ancre punk. Des murs sont éclatés pour révéler les pièces en or tandis que des blocs de matière érigés en totems présentent celles en argent. Des bijoux qui scintillent comme une promesse mais aussi un avertissement : l’impertinence est indispensable à la société. Sans elle, pas de futur.

Crédit Photo : Hermes, DR

En image : la rétrospective d'Hubert de Givenchy

Le couturier français Hubert de Givenchy fait l’objet d’une rétrospective, à propos de ses 40 ans de carrière, à la Cité de la dentelle et de la mode de Calais. Portée avec un grand chapeau de paille et une jupe en lin, l'emblématique blouse "Bettina", avec ses manches volantées en coton blanc et sa broderie anglaise noire, ouvre l'exposition.

En image : la rétrospective d'Hubert de Givenchy

Elle a été présentée en 1952 à Paris, lors de la première collection du créateur alors âgé de 25 ans. Il y dévoilait ses "separates" : des pièces individuelles pouvant être mélangées, "plus simples, confortables et accessibles que celles de la haute couture", alors que la mode était régie par des règles strictes.

En image : la rétrospective d'Hubert de Givenchy

Située à Calais au cœur d’une authentique usine de dentelle du XIXe siècle, la Cité de la dentelle et de la mode est le musée de référence de la dentelle tissée sur métiers mécaniques. A la fois musée de mode et musée industriel, ses vastes galeries présentent les techniques, la lingerie et la haute couture, les aspects les plus contemporains de ce textile haut de gamme. Le point d’orgue de la visite est la mise en fonctionnement des métiers à tisser la dentelle, monumentales machines de fonte qui produisent cette étoffe d’exception.

En image : la rétrospective d'Hubert de Givenchy

De son premier défilé en 1952 à son départ en 1995 de la maison de couture qu'il a lui-même créée, vendue en 1988 au groupe LVMH, c'est toute la carrière du créateur qui est retracée ici, dans cette exposition.

En image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de GivenchyEn image : la rétrospective d'Hubert de Givenchy

Photo : courtoisie de la Cité internationale de la dentelle et de la mode de Calais

A Calais, Hubert de Givenchy, "maître de l'élégance", retrace 40 ans de carrière

"La mode, c'est faire tout son possible pour embellir la femme": à 90 ans, le couturier français Hubert de Givenchy déroule plus de 40 ans de carrière à la Cité de la dentelle et de la mode de Calais. Portée avec un grand chapeau de paille et une jupe en lin, l'emblématique blouse "Bettina", avec ses manches volantées en coton blanc et sa broderie anglaise noire, ouvre l'exposition.

Elle a été présentée en 1952 à Paris, lors de la première collection du créateur alors âgé de 25 ans. Il y dévoilait ses "separates" : des pièces individuelles pouvant être mélangées, "plus simples, confortables et accessibles que celles de la haute couture", alors que la mode était régie par des règles strictes.

"Le style Givenchy c'est un certain chic décontracté", résume Shazia Boucher, co-commissaire de l'exposition. "Cela ne sert à rien de faire de l'esbroufe, il faut faire des vêtements avant tout confortables et bien coupés, et il ne faut jamais contrarier le tissu avec trop d'artifices, il doit bouger sur le corps de la femme. Porter un vêtement doit vous donner une sécurité", détaille Hubert de Givenchy, directeur artistique de l'exposition, présent lors de l'inauguration.

De son premier défilé en 1952 à son départ en 1995 de la maison de couture qu'il a lui-même créée, vendue en 1988 au groupe LVMH, c'est toute la carrière du créateur qui est retracée ici, dans cette ancienne usine de dentelle du XIXe siècle.

Un important espace est dédié à sa muse, l'actrice Audrey Hepburn, habillée au cinéma comme dans la vie par le couturier, devenu un ami. Un must: la célèbre robe longue noire qu'elle porte dans "Breakfast at Tiffany's", avec des lunettes de soleil rondes et un collier à multiple rangs de perles.

La mode et des modes

La rétrospective compte 90 tenues et accessoires, dont plusieurs pièces ayant été portées par ses célèbres clientes. Parmi elles encore: la robe brodée au corsage que portait Jackie Kennedy lors de la visite officielle du couple présidentiel américain en France en 1961. "Habiller Jacqueline Kennedy a été un vrai coup de pouce pour la maison de couture", reconnaît le couturier sur un cartel de l'exposition.

La tenue de deuil portée par la Duchesse de Windsor aux funérailles de son époux - une robe et manteau en crêpe de laine avec ceinture de cuir - est aussi exposée. "Les photos d'elle à l'entrée de la chapelle Saint-Georges, derrière son voile de cigaline noire, ont fait le tour du monde", légende Hubert de Givenchy.

Selon le créateur, dans une tenue, "ce qui compte le plus, c'est l'harmonie, du détail de la chaussure à la boucle d'oreille". Les "petites robes noires" du couturier ont leur propre espace, dont la plus connue réalisée pour la compagne de Mick Jagger, la mannequin Jerry Hall : une robe en jersey de soie avec croisillons dorés sur les côtés et le long des manches.

"A l'époque, où la haute couture était à son top, les personnes prenaient du temps pour s'habiller, les tissus étaient somptueux. Maintenant, je trouve qu'il y a une sorte de laisser-aller, je pense que la mode est devenue autre chose et je ne peux pas dire que je suis enthousiasmé. Il y a la mode et des modes", lance Hubert de Givenchy, grand admirateur de Cristobal Balenciaga.

L'exposition, qui se tient du 15 juin au 31 décembre, se termine sur ses somptueuses robes de bal, ses robes des mariées, puis, enfin, un ensemble de chapeaux, "le point final" d'une tenue, sourit le créateur. (AFP)

Photo: Gerard Julien / AFP

YSL: ouverture prochaine des deux musées en sa mémoire

Hommage aux faiseurs d’Histoire comme le fut Yves Saint Laurent. Grandes histoires au châpitre de la Mode et de l’Art, ou petites histoires comme le souvenir d’une brève rencontre à Paris en 2001 lorsque j’étais encore étudiante. Il avait eu les mots et la gentillesse que seuls des êtres extraordinaires pouvaient avoir.

Déjà quinze ans se sont écoulés depuis le dernier défilé d’Yves Saint Laurent au Centre Pompidou et la fermeture de la maison de haute couture qui portait son nom. Au cours de ces quinze dernières années, le souvenir du couturier a été conservé et maintenu grâce aux activités de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent.

Pour sauvegarder le patrimoine du couturier et promouvoir son œuvre, deux musées lui seront dédiés dans deux villes importantes pour lui. Le premier ouvrira le 3 octobre à Paris et le second le 19 octobre à Marrakech. Une présentation des deux projets à la presse a d’ailleurs eu lieu hier à l’Institut Français de la Mode (IFM).

YSL: ouverture prochaine des deux musées en sa mémoire

Paris et Marrakech, ses deux villes d’inspiration

"Lorsque Yves Saint Laurent a découvert pour la première fois Marrakech en 1966, il était tellement ému par la ville qu'il a immédiatement décidé d'acheter une maison pour y revenir régulièrement. Il est parfaitement naturel, 50 ans plus tard, de construire un musée consacré à son œuvre, inspirée par ce pays. Quant à Paris, nul besoin de préciser que c'est là que Yves Saint Laurent a créé tout son travail et a construit sa carrière.", disait Pierre Bergé, compagnon à l’époque du couturier.

Le Musée Yves Saint Laurent Paris ouvrira ses portes au 5 avenue Marceau, dans l'hôtel particulier où la maison de couture était basée depuis près de 30 ans et qui a accueilli la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent depuis 2004. Le musée, qui disposera d’une superfie d’exposition de 450 mètres carrés, alternera des spectacles rétrospectifs et des expositions thématiques temporaires. Plus qu'un simple musée monographique, l'institution racontera l'histoire d'une période où la haute couture faisait partie d'un mode de vie qui n'existe plus aujourd'hui.

YSL: ouverture prochaine des deux musées en sa mémoire

« L’audace observée dans mon travail, je la dois au Maroc »

Situé sur la rue Yves Saint Laurent près du Jardin Majorelle, le musée Yves Saint Laurent Marrakech a été conçu comme un centre culturel. Avec plus de 4 000 mètres carrés, l'établissement comprend un espace d'exposition permanent, une galerie d'exposition temporaire, une bibliothèque de recherche, un auditorium, une librairie et un café.

YSL: ouverture prochaine des deux musées en sa mémoire

"Au Maroc, je me suis rendu compte que la gamme de couleurs que j'utilise était celle des zelliges, des zouacs, des djellabas et des caftans. L'audace observée depuis lors dans mon travail, je le dois à ce pays, à ses harmonies énergiques, à ses combinaisons audacieuses, à la ferveur de sa créativité. Cette culture est devenue la mienne, mais je ne l’ai pas simplement absorbée; Je l'ai prise, transformée et adaptée. ", disait Yves Saint Laurent.

Depuis plus de 40 ans, Yves Saint Laurent a continuellement créé un style qui était vraiment le sien. Ses vêtements appartiennent à l'histoire du 20ème siècle, accompagnant comme ils l'ont fait, l'émancipation des femmes dans tous les domaines de la vie. Le manteau de pois, le trench, le smoking, le pantalon et la veste de safari sont dans la garde-robe de chaque femme.

YSL: ouverture prochaine des deux musées en sa mémoire

« Yves Saint Laurent est également le dernier des grands couturiers, nostalgique d’une période marquée par la splendeur de la haute couture. Ses luxueuses robes de soirée montrent aussi son hommage à la peinture, à la littérature, au théâtre et à la mode. L'ouverture de ces deux musées consacrés à son travail donnera une importance particulière à Yves Saint Laurent comme l'un des plus grands artistes de son époque », indique la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent.

"J'ai toujours dit que les souvenirs devaient être transformés en un projet, et c'est ce que nous avons fait avec cette Fondation. 2017 marque un nouveau chapitre avec l'ouverture de deux musées d'Yves Saint Laurent à Paris et à Marrakech. Et ainsi, continue l'aventure que nous avons entamée il y a si longtemps, alors que nous ne savions pas ce que le destin nous réservait. », Pierre Bergé.

Photos : courtoisie de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent