(publicité)
(publicité)
Exposition In Fashion, photos de mode des années 50 à aujourd'hui

A l'occasion des fashion weeks parisiennes, Art Photo Expo, partenaire exclusif du palace Le Royal Monceau Raffles Paris, présente l'exposition "In Fashion". Au programme, une sélection exclusive de photographies de mode des années cinquante à nos jours.

L’art et la création sont mis à l'honneur par l'exposition "In Fashion", en hommage à la mode et aux designers à travers le travail photographique de vingt et un artistes : Claude Azoulay, Pierre Boulat, Pascal Chevalier, Michel Comte, Georges Dambier, Arthur Elgort, Tony Frank, Seb Janiak Douglas Kirkland, Thierry Le Gouès, Alix Malka, Simon Procter, Andre Rau, Philippe Robert, Mark Seliger, Mark Shaw, Jeanloup Sieff, Sonia Sieff, Melvin Sokolsky , Mathieu Walter, Albert Watson.

Exposition In Fashion, photos de mode des années 50 à aujourd'hui

Les photographies exposées dévoilent les looks de maisons de renom : Dior, Chanel, Yves Saint Laurent… Créée en 2006, l'objectif principal d'Art Photo Expo consiste à promouvoir la photographie artistique au travers d’expositions ou de conseil en acquisition de tirages originaux pour collectionneurs. Toutes les œuvres proposées à la vente sont des tirages de valeur en éditions limitées. Elles sont signées par les artistes ou délivrées avec un certificat d’authenticité. Pour célébrer l’événement, la curatrice de l'exposition a également demandé à l'artiste britannique Zoe Bradley d’exposer la sculpture d'une robe composée de plus de 8000 plissés en papier dans le lobby du palace parisien.

Consultante en acquisition d’œuvres d’art photographiques pour collectionneurs, Audrey Trabelsi est la curatrice de l’exposition.

Depuis que la mode existe, les plus belles créations des grands couturiers sont immortalisées sur papier glacé dans les plus grands magazines. Depuis l'apparition de la photographie, la mode est son meilleur modèle. La photo de mode ne laisse personne indifférent et demeure le reflet d'une époque et de la société. J’ai voulu à travers cette exposition rassembler les plus beaux clichés de ces photographes afin de transmettre cet héritage au public

Audrey Trabelsi, co-fondatrice d’Art Photo Expo.
Exposition In Fashion, photos de mode des années 50 à aujourd'hui

Informations pratiques : Exposition In Fashion, accessible à tous du 26 janvier au 31 mars 2018. Vente d'éditions limitées, de 1 500 euros à 25 000 euros. Entrée libre : du mardi au samedi, de 11h30 à 19h (accès par l’hôtel Le Royal Monceau), sur demande le dimanche et le lundi à la Librairie des arts : 37 avenue Hoche 75008 Paris.

Photos: 1 - Christian Louboutin by Pascal Chevalier.

Photos: 2 - Audrey Hepburn Courrèges hat by Douglas Kirkland // Kate Moss on Fiat by Arthur Elgort, Paris, Vogue.

Photos: 3 - Underwater Alexander McQueen by Alix Malka.

En images : ouverture du Gucci Garden à Florence

INTÉRACTIF

Annoncé depuis plusieurs mois, le Gucci Garden de Florence en Italie a ouvert ses portes ce 9 janvier 2018. Conçu par Alessandro Michele, directeur de la création de Gucci, le Gucci Garden se présente comme une exploration de la créativité de la maison de luxe depuis sa création en 1921 à aujourd’hui.

En images : ouverture du Gucci Garden à Florence

En images : ouverture du Gucci Garden à Florence

En images : ouverture du Gucci Garden à Florence

Photo : Gucci

Vendôrama : le coup de maître de Boucheron

Boucheron, propriété du groupe Kering, occupe une place à part dans le cœur des amateurs de bijoux. Tout d’abord, parce que c’est la maison qui a mis en orbite la Place Vendôme. Avant elle, à Paris, tout se passait sous les arcades du Palais Royal, dans le tumulte des grands boulevards, ou, plus rare, dans les vastes boutiques de la toute nouvelle rue de la Paix conçue comme un prolongement du quartier de l’Opéra. Fréderic Boucheron, en s’installant le premier Place Vendôme a initié un mouvement qui allait porter la haute joaillerie française au tout premier plan de la scène mondiale. Cette maison a pavé le chemin aux autres. Sa boutique, idéalement située au numéro 26, est la plus lumineuse de la place. Quand votre métier consiste précisément à faire mettre en lumière les femmes et les pierres précieuses, ce genre de détail compte.

Vendôrama : le coup de maître de Boucheron

Les amateurs de bijoux aiment également Boucheron pour une autre raison, plus simple et évidente : le joaillier, à lui seul, résume et explique l’histoire du goût parisien. Sans entrer dans le détail, disons simplement que ses créations ont embrassé – et souvent initié - l’ensemble des courants artistiques du XXème siècle. Du XIXème aussi d’ailleurs. Le succès de la bague Quatre le prouve. Enfin, il faut signaler que la maison – hasard du commerce ou affinité particulière – s’est toujours attelée à exalter la liberté de la femme. Et ce n’est pas un slogan creux. Pièces légères et souples, colliers sans fermoir, espièglerie des broches animalières, inventivité des matériaux et des dessins : les bons de commande confirment que de nombreuses clientes achetaient elles-mêmes leurs bijoux chez Boucheron. Etaient-elles ce qu’on appelait à l’époque des cocottes ou des demi-mondaines ? Peu importe, l’histoire retiendra qu’elles étaient avant tout des femmes indépendantes, pleinement déterminées à exercer leur singularité, sans attendre l’autorisation de personne.

Un voyage initiatique et interactif

Le joaillier a conçu une exposition épatante à la monnaie de Paris. Ce n’est pas une exposition traditionnelle, plutôt une expérience ludique, inventive et généreuse. L’installation – une structure métallique qui soutient un grand dôme translucide - se dresse derrière le musée situé quai de Conti : l’entrée se fait par la rue Guénégaud. Nous sommes dans une cour côtoyant un hôtel particulier dont la façade heureusement conservée est également la toute première réalisation de Jules Hardouin-Mansart. C’est l’architecte à qui la place Vendôme doit sa physionomie actuelle. Cette cour, dans les mois à venir, va se transformer un jardin : le jardin Mansart. Boucheron a pris en charge cette restauration.

L’exposition propose un voyage initiatique. Chaque étape représente une étape décisive de la création d’un bijou : l’inspiration, la conception et la fabrication, la révélation. De nombreux bijoux sont présents, des livres d’archives, des croquis, des publicités d’époque. Les présentations font la part belle aux dispositifs numériques – vidéos aux formats innovants, réalité augmentée - et aux animations vivantes: des acteurs vous chuchotent des anecdotes, des panneaux invitent le visiteur à apporter sa touche personnelle dans la création finale d’un collier. Fidèle à son caractère, la maison n’a pas voulu de mise en scène somptuaire et pompeuse. Boucheron n’est pas une maison bêcheuse. C’est au contraire délicieusement bon enfant, formidablement pédagogique. Les enfants risquent bien d’adorer d’ailleurs. N’hésitez pas à les amener. C’est gratuit et ca dure dix jours. Il faut juste s’inscrire sur le site dédié.

Crédit photo : Boucheron,dr

Kenzo présente "Yo! My Saint", sa nouvelle campagne printemps-été 2018

Le projet artistique "Yo! My Saint" compose un ensemble créatif tiré en droite ligne de la collection printemps-été 2018 de Kenzo. Cette création artistique développe trois axes autour des égéries de la marque : la musique, le cinéma et la mode.

Kenzo présente "Yo! My Saint", sa nouvelle campagne printemps-été 2018

Révélé par le mannequin de la marque Sayoko Yamaguchi et l'icône musicale Ryūichi Sakamoto, le projet artistique de Kenzo s'appuie sur la collection printemps-été 2018 imaginée par ses directeurs de la création, Humberto Leon et Carol Lim.

Nous considérons Sayoko comme notre muse historique, tandis que Ryūichi, que nous idolâtrons, représente notre égérie moderne

Humberto Leon
Kenzo présente "Yo! My Saint", sa nouvelle campagne printemps-été 2018

100 pour cent asiatique, le défilé de la marque a véhiculé une grande émotion et les spectateurs ont réservé un accueil chaleureux à la collection. Karen O, la chanteuse du groupe Yeah Yeah Yeahs, était montée sur scène pour interpréter le titre "Yo! My Saint", une chanson aux paroles qui montent en crescendo pour se conclure sur des notes douces. Ana Lily Amirpour, la réalisatrice du film en noir et blanc sur un vampire iranien "A Girl Walks Home Alone at Night", est à l'origine de cette création vidéo pour Kenzo.

Le plus beau dans tout ça, c'est de voir deux femmes qui décident de réaliser un film ensemble. Il s'agit d'un incroyable projet artistique et de beaux échanges entre deux semblables de sexe féminin : une musicienne et une réalisatrice… Quel bonheur d'assister enfin à la présentation publique de ce projet

Photos: Kenzo

600.000 visiteurs pour l’expo Dior

Il vous reste quelques heures, quelques jours plus précisément pour découvrir l’exposition “Christian Dior, Couturier du rêve” au MAD (anciennement Arts Décoratifs). Le succès de l’exposition est total: 600.000 visiteurs se sont pressés rue de Rivoli pour découvrir les 300 robes de haute couture et les documents d’archives merveilleusement mis en scène depuis fin juillet 2017. A titre de comparaison, l’exposition consacrée à Barbie en 2016 aux Arts Décoratifs avait attiré 240.000 personnes, celle sur Dries Van Noten en 2014, toujours au même endroit, avait drainé 160000 visiteurs sur une durée de huit mois. Au Grand Palais, en 2015, l’exposition consacrée à Jean Paul Gaultier avait rassemblé 418721 visiteurs en quatre mois.

L’énorme affluence de l’exposition Dior prouve l’immense intérêt du public pour la maison de couture française. Elle s’explique également par l’admirable travail du directeur du musée Olivier Gabet qui est également co-commissaire de l’exposition avec l’historienne Florence Müller. Les deux commissaires se sont attachés à concevoir une exposition de mode populaire, accessible à tous. “On intéresse les gens de 7 à 77 ans, issus de tous les profils sociaux et horizons culturels” se réjouit le directeur. La moitié des visiteurs sont des touristes étrangers.

600.000 visiteurs pour l’expo Dior

Une rétrospective exceptionnelle

Le grand intérêt de l’exposition réside dans son ampleur, on pourrait même parler de profusion: la maison Christian Dior a eu 70 ans en 2017 et le musée a veillé à mettre en scène une rétrospective complète de la griffe. Le travail des six directeurs artistiques qui ont succédé à Christian Dior est évoqué. L’exposition révèle ainsi des modèles de John Galliano encore jamais dévoilés au public, ceux issus de la collection dite “égyptienne” de 2003. De Christian Dior à Raf Simons se tisse un fil rouge habilement mis en lumière : l’amour de l’art, constitutif de l’essence de la maison. A chaque créateur ses préférences: Les ballets Russes pour Christian Dior, Sterling Ruby pour Raf Simons.

Cet amour de l’art constitue le thème central de la première partie de l’exposition. Le public peut y découvrir un Christian Dior méconnu: l’amoureux de l’art moderne, loin de l’image d’Epinal du grand bourgeois Normand que la postérité a dressé. Cet amour est matérialisé par la reconstitution d’une galerie d’art de 1928 – une galerie qui a réellement existé, rue Cambacérès dans le VIII arrondissement parisien et au sein de laquelle le jeune Christian Dior, en s’associant avec les galeristes Jacques Bonjean et Pierre Colle, s’est lié à la crème des artistes d’avant garde de son temps.

Triomphe oblige, le musée a décidé d’ouvrir ses portes jusqu’à 22 heures. L’exposition se terminera le dimanche 7 janvier. Le site du musée conseille de venir plutôt en soirée, face à l’énorme affluence prévue. Pour perpétuer la magie de cet événement hors norme, le livre qui tient lieu de catalogue offre de remarquables clichés (les détails sont somptueux) de 70 silhouettes emblématiques.

Crédit photo: Les Arts Décoratifs/ Nicholas Alan Cope

Les Arts Décoratifs s'appelleront désormais MAD, une idée folle pour "renforcer la singularité de l'institution dans le paysage muséal" et "accroître (sa) visibilité auprès du grand public", selon le site internet de l'association regroupant plusieurs musées et lieux d'enseignement.

Association loi 1901 reconnue d'utilité publique, Les Arts Décoratifs regroupe le Musée des Arts Décoratifs, la Bibliothèque, le Musée Nissim de Camondo, les Ateliers du Carrousel et l'École Camondo. MAD évoque "Mode, Arts, Design" et l'acronyme "Musée des Arts Décoratifs", mais aussi l'idée d'un "musée fou d'objets", "expression d'une passion pour l'objet" à travers les métiers d'arts, la mode, les arts appliqués et la création industrielle, précise le site web.

Le Musée des Arts Décoratifs, dont les collections ont attiré 550.000 visiteurs en 2016, a battu ses records de fréquentation avec l'exposition consacrée à Christian Dior, qui s'achève dimanche et a séduit, depuis son ouverture le 5 juillet, quelque 657.000 visiteurs. (AFP)

Les Journées Particulières LVMH reviennent en octobre 2018

Les 12, 13 et 14 octobre 2018, le groupe français de luxe LVMH ouvrira ses portes pour la quatrième édition de ses Journées Particulières. Pour cette nouvelle saison, les visiteurs pourront découvrir les différents métiers que proposent le groupe, des couturières aux malletiers sans oublier les horlogers. Durant ces journées, des visites guidées, des démonstrations de savoir-faire mais aussi des conférences seront organisées dans les boutiques historiques, les demeures familiales, les hôtels particuliers et ateliers appartenant au groupe.

Initié en 2011 par Antoine Arnault, le directeur général de Berluti et membre du conseil d’administration de LVMH, l’évènement vise à mettre en valeur et présenter les savoir-faire des différentes marques de luxe du groupe de luxe : “Les Journées Particulières sont, pour le groupe LVMH, une occasion unique de partager la passion qui anime l’ensemble de nos collaborateurs. En 2018, elles seront plus que jamais l’illustration de notre engagement en faveur de l’excellence artisanale et de son ancrage dans la modernité.”, confie Antoine Arnault dans un communiqué.

La troisième édition en 2016 avait été un véritable succès et avait réuni 145 000 personnes dans 53 lieux en Europe.

Photo : Facebook LVMH
Luxe: la guerre à coups de musées

L’actualité s’intéresse ces jours-ci au musée Pinault. Ce fameux musée logé au cœur de l’ancienne bourse de commerce de Paris. C’est un superbe bâtiment datant du XVIIIe siècle, jouxtant la rue du Louvre, à l’orée du quartier des Halles. A l’origine, il s’agissait d’une halle aux blés, construite, grâce à l’appui du prévôt des marchands, sur un terrain particulièrement propice à l’acheminement des grains, à cause de sa proximité avec la Seine. Les parisiens ont toujours aimé ce bâtiment, notamment son jeu de volumes qui rappelle l’architecture gothique. Ils ont également aimé sa valeur emblématique : cet édifice a en effet illustré à merveille la notion nouvelle de monument public, isolé et dégagé par rapport au tissu urbain, mais aussi l’adéquation entre la forme et la fonction. Bref, c’est un symbole auquel on ne touche pas impunément.

L’actualité s’intéresse ces jours-ci au musée Pinault. Ce fameux musée logé au cœur de l’ancienne bourse de commerce de Paris. C’est un superbe bâtiment datant du XVIIIe siècle, jouxtant la rue du Louvre, à l’orée du quartier des Halles. A l’origine, il s’agissait d’une halle aux blés, construite, grâce à l’appui du prévôt des marchands, sur un terrain particulièrement propice à l’acheminement des grains, à cause de sa proximité avec la Seine. Les parisiens ont toujours aimé ce bâtiment, notamment son jeu de volumes qui rappelle l’architecture gothique. Ils ont également aimé sa valeur emblématique : cet édifice a en effet illustré à merveille la notion nouvelle de monument public, isolé et dégagé par rapport au tissu urbain, mais aussi l’adéquation entre la forme et la fonction. Bref, c’est un symbole auquel on ne touche pas impunément.

Le pouvoir de l’art

Au fond, les grands seigneurs français ont toujours eu tendance à couronner l’éclat de leur règne par les arts (« qui sont la gloire des nations » comme le disait Louis XVIII) et plus précisément, par l’architecture. Comme si l’édification de bâtiments grandioses, singuliers, étaient le moyen ultime - le seul même - capable d’attester une puissance passée à des générations futures. Louis XIV nous a offert Versailles, Georges Pompidou un centre à son nom, François Mitterrand la pyramide du Louvre, Jacques Chirac le musée Branly. C’est un fait : l’art et le pouvoir ont toujours été intrinsèquement liés ; Le Louvre lui-même, qui est aujourd’hui le plus grand musée du monde, était à l’origine un château fort.

On répète souvent, à tort ou à raison, que le politique impuissant a désormais cédé le pouvoir aux capitaines d’industrie, aux géants de la finance. Assertions à priori invérifiables, seuls les historiens seront en mesure de juger. Pourtant il n’est pas anodin de constater les deux faits suivants : l’art contemporain qui n’occupait à Paris qu’une place relativement congrue bénéficie désormais de fondations véritablement exceptionnelles, destinées à l’accueillir et à le célébrer comme il se doit. Ces fondations, nées à quelques années d’intervalles, sont liées à trois hommes, trois français, qui à eux seuls, ont inventé l’industrie du luxe. Les groupes qu’ils dirigent (ou ont dirigés) regroupent la quasi-totalité des maisons de luxe encore en activité, à l’échelle du globe. Le fait qu’ils aient choisi Paris pour leurs fondations respectives résonne comme un cri d’amour et de reconnaissance à la cité qui, par son foisonnement créatif et l’entendu de ses savoir-faire, a permis l’émergence de leur groupe de luxe. Comme si, en somme, l’art n’était plus la gloire des nations, mais la gloire des entreprises qui elles-mêmes sont devenues la gloire des nations.

Luxe: la guerre à coups de musées

Dans l’industrie du luxe, tout le monde connait Alain-Dominique Perrin. Une légende unanimement respectée. Son parcours exemplaire chez Cartier dont il fut le président durant trois décennies, chez Richemont (puissant groupe de luxe comprenant Cartier, Van Cleef & Arpels, Piaget, ainsi qu’un nombre impressionnant de manufactures horlogères prestigieuses) a inspiré de nombreuses vocations. Bon vivant, ami de Claude François, de Lou Reed et de François Pinault, exécuteur testamentaire de César, ce natif de Nantes, qui prit sa retraite en 2003, fut le précurseur du luxe contemporain. Ses intuitions, qui peuvent sembler évidentes, méritent qu’on s’y attarde encore aujourd’hui : « ne pas confondre cher et luxe ; le luxe et la mode, ce ne sont pas les mêmes métiers : la mode, ça se démode, le luxe ça ne disparait jamais ». La France lui doit l’inscription de la loi sur le mécénat privé dans la constitution. Paris lui doit la fondation Cartier.

Nous sommes en 1984. Alain Dominique Perrin pressent à l'époque qu’il faut non seulement inscrire Cartier dans la pérennité, mais aussi dans la société civile. L’exemple, c’est le Danemark, qui fut précurseur du mécénat moderne en entreprise. Plus prosaïquement reconnaitra-t-il plus tard, il s’agissait aussi de faire en sorte que Cartier ne soit pas rejetée par l’intelligentsia de gauche en dépassant sa condition de maison de luxe pour devenir un acteur de la modernité et de la création. Jamais il ne fut question de faire briller Cartier par le foot, la F1 ou les voiles. Cartier brillerait avec les artistes ! Avec quelques règles strictes et intangibles devenues des lois immuables dans la maison : les artistes exposés à la Fondation Cartier ne sont jamais mis en contact avec Cartier - qui se suffit à lui-même - pour créer des objets ou des produits. “Faire travailler un artiste sur une affaire commerciale, c’est prendre le risque de le détruire”. Les opinions d’Alain Dominique Perrin sont parfois tranchées, n’hésitant pas à déclarer que les œuvres de Jeff Koons ou de Murakami ne passeront pas à la postérité : “certains collectionneurs sont las de voir décliner l’art de Murakami sur des accessoires”. Regard oblique vers Vuitton. Ça tacle avec le sourire mais ça tacle sec dans le monde du luxe.

Octobre 2014. Trente ans, jour pour jour après l’ouverture de la fondation Cartier, une foule de personnalités se réunit à la frontière de Paris et de Neuilly autour d’un bâtiment hors normes ; une sorte d’iceberg métallique qui dresse avec majesté ses coques-élytres saisissantes et ses verrières étincelantes dans le ciel du bois de Boulogne. C’est la fondation Louis Vuitton qui vient d’être inaugurée par François Hollande et Bernard Arnault. Un projet titanesque. L’architecte est Franck Guery. Tout dans cette scène semble vouloir indiquer que primo : LVMH n’est pas seulement qu’une identité financière et deuxio : que le « bien public » n’est pas du seul ressort de la volonté des gouvernements.

Le PDG de LVMH, qu'on ne présente plus, est réputé pour sa froideur et sa pudeur ; un homme du Nord. Le plus célèbre patron de France préfère parler de son entreprise plutôt que de sa personne. S’il lui arrive de communiquer sur sa passion pour les mathématiques (« l’important, c’est la dérivée ! »), pour le piano ou pour l’architecture, on connait moins l’affection qui le lie à l’art contemporain. Moins flamboyant que chez d’autres collectionneurs plus expansifs, ce lien n’est pourtant pas moins conséquent. En tout cas, il vient de loin : du début des années 80 lorsque le futur patron de Christian Dior acheta, avec flair, ses premières œuvres de Picasso, Matisse, Calder ou Rothko. Ce gout n’était pas précisément partagé par Jean Arnault qui n'a jamais caché sa stupéfaction teintée d’incrédulité devant les nouvelles acquisitions de son fils : « « J’ai découvert dans son bureau un nouveau tableau avec une bande jaune, une bleue et je ne sais plus quoi. Je lui ai dit: franchement, Bernard, c’est digne d’un enfant”. C’était un Rothko. “ Et, l'autre jour, chez lui, j'ai remarqué, foutu dans l'entrée, un truc immense avec des gribouillis dessus. En sortant, j'ai dit à ma femme : tu as vu ce que j'ai vu? ». Bernard Arnault s’était offert à lui-même, pour ses cinquante ans, une immense toile de Basquiat.

S’il possède la maison de ventes d'art britannique Phillips, le pdg de LVMH s'est toujours refusé à être un mécène solitaire. Suzanne Pagé, qui fut la remarquable directrice du Musée d’Art moderne de Paris assure depuis 2006 la direction artistique de la collection Louis Vuitton. Elle insiste sur un point visiblement décisif à ses yeux : les œuvres achetées pour cette collection ne sont pas destinées à être revendues. Comme si, en filigrane se détachait de ce projet d’envergure, une hantise de l’éphémère. Il est bien vrai que Bernard Arnault qui se reproche parfois d’être impatient, parle souvent du temps. L’admiration qu’il porte à Bill Gates est sincère ; mais pas autant que son amour pour la durée : « dans 100 ans, on appréciera toujours Dom Pérignon (propriété de LVMH, Ndlr) mais on ne se souviendra pas forcement de Microsoft ».

« C’est une très belle journée !». Anne Hidalgo gratifie d’un sourire radieux chacun des journalistes venus à cette conférence de presse matinale. Nous sommes fin avril 2016. François Pinault est présent, ses enfants aussi. Le maire de Paris ne cache pas sa joie « C’est une chance inouïe d’accueillir à Paris la collection de monsieur Pinault !» La rumeur courrait depuis plusieurs mois : François Pinault, voulait installer une fondation dédiée à l’art - une fondation à son nom - au cœur de Paris. On hésitait à y croire tant le sort s’était acharné contre le puissant fondateur du groupe Kering qui possède entre autres Gucci, Saint Laurent et Bottega Veneta. En 2005, un projet de musée extraordinaire (situé sur l'ancien site des usines Renault de l'île Seguin) avait été annulé. En cause, diverses lenteurs liées à de nombreux intérêts contradictoires. Le collectionneur s’était alors tourné vers Venise, ville visiblement plus accueillante et moins procédurière, où il s’était offert le Palazzo Grassi pour y exposer une partie de sa collection personnelle. L’histoire d'amour entre François Pinault et Paris était belle pourtant. L'homme d'affaire avait pris gout à l’art contemporain à la fin des années 80 sans avoir la moindre formation ni la moindre connaissance sur le sujet.

L'anecdote est bien connue : en 2003, lorsqu'il décida de prendre sa retraite et de confier les clefs de son empire à son fils, celui-ci s'inquiéta: “mais que vas-tu faire maintenant?” demanda François-Henri Pinault à son père. Le tout Paris était incrédule. On ne prend jamais sa retraite à ce niveau de responsabilités. Evidemment ce fut dur, les proches du magnat breton parlèrent de dépression mais au final, l'Art fut un puissant dérivatif. Et bientôt, une passion dévorante. Cinq ans auparavant, en juin 1998. François Pinault s’était porté acquéreur de Christie's, la plus grande maison de vente d'œuvres d'art au monde. Personne ne vit le coup venir. Cet achat lui ouvrit toutes les portes du marché de l'art, lui facilita tous les contacts. Evidemment, les experts raillèrent volontiers les mérites patrimoniaux de cette passion (les œuvres ne sont pas soumises à l’impôt sur la fortune) pourtant, Ils sont nombreux ces galeristes qui indiquent avoir vu un jour débarqué, les yeux brillants, François Pinault pour acheter l'œuvre obscure d'un artiste inconnu. La collection de François Pinault est aujourd’hui l’une des premières du monde.

Le fondateur de Kering, avait-il perdu l’espoir de voir un jour se dresser une fondation à son nom dans son pays natal ? Non, bien évidemment. Il était même en négociations directes avec la Ville de Paris dans le but de trouver un édifice digne de ce nom, de préférence au cœur de la Capitale. On avait un temps parlé de l’espace Pierre Cardin, mais ce 27 avril, le suspens prit fin : ce sera la Bourse de commerce de Paris. Quelques jours auparavant, le journal Les Echos (propriété de LVMH – concurrent direct de Kering) avait vendu la mèche, non sans malice. 18 mois plus tard, c’est le Canard Enchainé qui met le feu aux poudres en rappelant que la Mairie de Paris a mis 86 millions d’euros sur la table pour acquérir l’édifice qui appartenait jusqu’alors à la CCI. Un montant connu de tous depuis longtemps et qui traduit en réalité des tractations assez classiques. Il n’empêche que le coup a porté et que le nouveau musée Pinault ouvrira peut-être sous les auspices de la suspicion. La première exposition est prévue à la fin de l'année 2018. Sans même connaitre l’ensemble des tenants et des aboutissants, ce rebondissement a le mérite de rappeler aux étourdis que nous sommes bel et bien au cœur d’une guerre froide entre géants du luxe.

François Pinault a promis une nouvelle vie à ce bâtiment superbe. Martin Béthenod est le directeur du site, Tadao Andō est l’architecte du projet. Seul hic, la proximité avec le forum des halles, très (trop ?) populaire. Voisinage qui a un peu terni au fil des années le prestige du lieu. Mais le projet de rénovation de la poste du Louvre - qui va bientôt devenir un îlot urbain à «usage mixte» sous la houlette de l'architecte Dominique Perrault - devrait rendre tout son lustre au quartier. Les travaux ont commencé en janvier 2017, la première exposition est prévue à la fin de l'année 2018. A cette date précise, quelques pâtés de maisons plus loin, se terminera enfin l'homérique chantier de rénovation de la Samaritaine qui incarnera, au cœur historique de Paris, l’installation définitive du luxe, vu par LVMH. Du grand art.

Crédit photo : Bourse du Commerce de Paris, dr

La Mairie de Paris a déboursé 86 millions d'euros pour racheter la Bourse de commerce, qui avait été cédée à la CCI de la capitale et qui doit accueillir le musée d'Art contemporain de François Pinault, a-t-on appris mercredi auprès de la mairie, confirmant une information du Canard Enchaîné.

Dans son édition de mercredi, l'hebdomadaire satirique révèle que le lieu culturel qui accueillera la collection d'art du milliardaire François Pinault à l'automne 2018, deux ans avant les élections municipales, a "déjà coûté au moins 63 millions de trop à la Mairie de Paris". Bâtiment historique en rotonde, la Bourse du Commerce, attribuée à la chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCI) en 1949, a été rachetée par la Mairie de Paris pour la somme totale de 86 millions d'euros. Or, selon le Canard, la ville n'aurait dû s'acquitter que de "15 centimes d'euros" pour racheter l'immeuble: "le prix de la Bourse a été fixé, en fait... dès 1949. Alors propriétaire de cette merveille architecturale, la ville décide de la céder à la CCI. Le préfet de Paris en signe la vente pour un franc symbolique".

Mais, précise-t-il, "une condition particulière est ajoutée au contrat": "la transaction peut être annulée si l'immeuble ne sert plus à l'usage principal de services publics dépendant de la chambre de commerce". Faux, rétorque sur ce point la mairie, en affirmant à l'AFP que le bail de 1949 interdisait à la CCI de vendre le bâtiment à des tiers mais que, dans le cas d'une revente à la ville de Paris, "la CCI était en droit de valoriser le bien". "Il y a eu une négociation sur le prix. Mais il est donc faux de dire que Paris pouvait acheter au même prix que celui de 1949", se défendent les services de la maire PS de la capitale, Anne Hidalgo. Par ailleurs, toujours selon la mairie, le montage a été "validé" par France Domaine ainsi que par le Conseil du patrimoine. "Le prix n'était pas anormal", dit-elle.

Autre point soulevé par le Canard, le montant de l'indemnisation versée à la CCI pour ses investissements dans l'immeuble: l'hebdomadaire évoque la somme de 23 millions d'euros. Or, selon lui, un audit de la préfecture d'Ile de France, évaluait ces investissements à 4.3 millions d'euros. "Les 23 millions constituent une indemnité de reconstitution de service public, pas une indemnisation des investissements réalisés. Cela n'a rien d'inédit", argue la mairie. Enfin, l'article du Canard rapporte que "la facture de 86 millions d'euros a été remboursée par la cession pour 86 millions d'euros de deux immeubles municipaux à la CCI". L'information est confirmée par la mairie pour qui, "c'était un échange foncier, donc l'achat s'équilibre financièrement par les autres ventes". (AFP)

Stefano Pilati présentera une exposition au Pitti Uomo. Lors de la 94ème édition du salon international de la chaussure pour homme Pitti Uomo en juin, l’ancien créateur de Yves Saint Laurent présentera une exposition, intitulée « Evolution - Involution – Révolution : trois décennies de mode masculine vues par Stefano Pilati ».

L'exposition au Palazzo Pitti de Florence veut mettre en évidence les liens étroits entre la mode et le monde en constante évolution qui l'entoure. Elle sera inaugurée pendant le Pitti Uomo et reste ouverte au public jusqu'au 21 octobre, représente le troisième chapitre du programme triennal promu par le Centre florentin pour la mode italienne, Galleria degli Uffizi et Pitti Immagine. Le ministère italien du Développement économique et l'agence commerciale italienne ICE soutiendront également le projet avec une contribution financière.

« Pour ce projet axé sur la mode masculine, thème trop longtemps négligé sur les scènes culturelles italiennes et internationales, nous avons choisi Stefano Pilati car il en est l'un des principaux protagonistes », a déclaré le secrétaire général de la Fondation Pitti Discovery, Lapo Cianchi. « Mais surtout, nous avons été fascinés par sa vision personnelle du système de la mode : excentrique, dissonant, presque cynique. Il a un point de vue précis, qui reflète les obsessions et les considérations d'un collectionneur, qui est aussi un designer et quelqu'un qui aime profondément la mode. »